En intégrant l’ambassadeur américain en Israël aux réunions avec les négociateurs palestiniens, l’administration américaine pourrait avoir amélioré ses relations avec l’Autorité palestinienne, selon le Département d’État.

De façon exceptionnelle mardi, l’ambassadeur américain à Tel Aviv, David Friedman a rejoint l’envoyé spécial de la Maison Blanche qui s’entretenait avec les négociateurs palestiniens à Jérusalem. Le consul général américain à Jérusalem Donald Blome, qui représentait l’administration devant les Palestiniens, a également pris part à cette réunion

Selon les médias israéliens, l’équipe de négociateurs israéliens, supervisée par le secrétaire-général de l’OLP Saeb Erekat, a souhaité rencontré Greenblatt à Jérusalem parce qu’il n’était pas disposé à recevoir Friedmann, un fervent défenseur des implantations, à Ramallah.

En tant qu’ambassadeur accrédité à l’État d’Israël, Friedman, confident du président américain Donald Trump, n’est généralement pas présent lors des réunions bilatérales avec l’AP.

Mais cette mesure exceptionnelle ne doit pas être perçue comme une baisse des relations entre les États-Unis et les Palestiniens, a déclaré Heather Nauert, porte-parole du Département d’État aux journalistes mardi, pour expliquer cette rupture avec le protocole.

« Je dirais même qu’en réalité, c’est l’inverse, non pas une rétrogradation, mais peut-être bien une progression », a affirmé Nauert. « Le fait que notre ambassadeur américain soit inclus dans cette réunion, et que les Palestiniens, comme je l’ai compris, l’ont accueilli… montre un pas en avant en termes de coopération. »

Les États-Unis sont « ravis d’avoir l’expertise de l’ambassadeur sur ce sujet », a-t-elle ajouté. « Et je pense que cela remonte le niveau et indique l’importance pour l’administration de tenter de parvenir à une forme d’accord de paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, pendant la cérémonie du 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem, le 21 mai 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, pendant la cérémonie du 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem, le 21 mai 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Refusant de s’exprimer davantage sur cette anomalie diplomatique, elle a assuré que c’était «positif que l’ambassadeur soit là… ce qui compte, c’est que, comme je l’ai compris, les Palestiniens l’aient accueilli… et qu’il ait pris part à cette réunion, et je pense que cela met en évidence l’importance que cette administration accorde à cette question ».

« Nous savons que le processus [de paix] sera difficile. Nous savons que les deux parties doivent faire des compromis. Mais je persiste à penser que c’est une bonne chose et que nous aurons d’autres réunions », a-t-elle dit.

Toujours mardi, un haut-responsable de la Maison Blanche a déclaré que Friedmann s’est associé à Greenblatt pour la rencontre avec Erekat parce que le fait d’avoir le confident du président dans la pièce augmente les chances de réussite de l’accord de paix.

« Ils ont eu une discussion ouverte, cordiale et franche sur divers sujets liés aux négociations de paix », a déclaré le responsable au Times of Israël. « L’administration estime qu’afin de donner toutes ses chances de réussite à l’accord de paix, il est crucial d’avoir des négociateurs qui soient proches du président, et c’est pour cela que Jared Kushner, Greenblatt et Friedman font partie de cette équipe. »

Lundi, un responsable de la Maison Blanche a déclaré au Times of Israël que le but de la visite de Greenblatt était de déposer les bases des négociations de paix.

« Ce voyage est une visite intermédiaire. Les pourparlers sur les prochaines étapes se poursuivent », a-t-il dit. « Le président Trump a été clair sur le fait que l’accord de paix entre Israéliens et Palestiniens étaient une priorité de niveau 1 pour lui. »

Durant sa dernière visite en Israël, à la fin du mois de juin, Greenblatt a accompagné Kushner pour rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et, séparément, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qu’ils ont rencontré dans ses quartiers généraux de Ramallah, en Cisjordanie.

Des sources palestiniennes ont par la suite révélé aux médias israéliens et arabes que cette rencontre ne s’était pas bien passée et que le leader palestinien avait accusé les États-Unis de prendre parti pour Israël. Il avait également refusé de se soumettre aux exigences des américains, à savoir, la fin du versement des salaires aux terroristes inculpés et à leurs familles.

Kushner aurait commencé à parler des préoccupations israéliennes, notamment la fin de ses versements, ce qui aurait excédé Abbas, selon les médias israéliens.

Jared Kushner, conseiller du président américain Donald Trump, avec Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Ramallah, le 21 juin 2017. (Crédit : bureau de presse de l'AP)

Jared Kushner, conseiller du président américain Donald Trump, avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, le 21 juin 2017. (Crédit : bureau de presse de l’AP)

Un responsable palestinien avait également déclaré que les échanges préparatoires avec Greenblatt, avant la rencontre avec Kushner ne s’étaient pas bien passés, parce que Greenblatt insistait sur la question du salaire des prisonniers.

Abbas avait défendu les salaires des prisonniers, y compris ceux des terroristes inculpés, qu’il a qualifié de « responsabilité sociale » et a indiqué qu’Israël utilisait cela comme un prétexte pour éviter de revenir à la table des négociations.