Quoi de mieux pour renforcer la carrure d’un candidat, donner de l’épaisseur à un présidentiable issu du monde bancaire et le doter d’une stature internationale qu’un détour par le Proche-Orient ?

Lundi, rapporte Le Monde, Emmanuel Macron a ainsi entamé sa tournée par le Liban d’où il a exprimé sa vision « gaulo-mitterrandienne » des conflits syriens et israelo-palestinien depuis l’Ecole supérieure des affaires, avant d’aller rencontrer le nouveau Premier ministre Saad Hariri.

« Le Liban est sans doute le pays dans lequel cette crise syrienne doit être le mieux appréhendée et, en même temps, le pays dans lequel nos valeurs et notre histoire communes sont les mieux représentées: cette capacité à porter le pluralisme, la diversité et le respect de toutes les différences, dans des situations parfois très tendues », a déclaré M. Macron à la presse à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre Saad Hariri.

« La France sera toujours aux côtés du Liban » au nom de « ces intérêts profonds partagés », a-t-il ajouté. « C’est ici le laboratoire d’un passé qui doit ressusciter, là où pour beaucoup d’autres, nos ennemis communs, le Liban est aussi une proie, une terre qu’ils veulent déstabiliser (…) ».

Chantre d’une voix médiane, entre les promoteurs d’une destitution de Bachar Al-Assad et ceux qui prônent son maintien, il a rappelé que « Daesh est le problème principal » et que sa vision géopolitique orientée résolument vers « l’action » est aussi éloignée que possible « d’une morale des bons sentiments ».

Le Liban, pays de quatre millions d’habitants, accueille environ un million de réfugiés syriens, qui ont fui un conflit qui dure depuis près de six ans et a fait plus de 310.000 morts.

La crise syrienne a été l’un des facteurs qui a paralysé les institutions libanaises pendant de longs mois, jusqu’à l’élection en novembre du président Michel Aoun puis la désignation en décembre de Saad Hariri.

La classe politique libanaise est profondément divisée entre les partisans du régime de Bachar al-Assad et ceux qui soutiennent la rébellion.

Emmanuel Macron « est venu au Liban en tant qu’ami », a de son côté expliqué mardi M. Hariri, selon un communiqué de ses services. « Ce qu’il représente, la jeunesse, la manière de faire la politique, est important ».

« En ce moment de fragilité, où la région est en proie à l’extrémisme, avec ce qui se passe en Syrie, en Irak, en Libye, où tout le monde souffre, c’est toujours bien de voir la France au Liban », a ajouté le Premier ministre libanais.

A propos d’Israël, il a rappelé que « le boycott a été condamné par la France, et il n’est pas question de revenir là-dessus » a-t-il affirmé tout en condamnant les initiatives du mouvement Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) à l’encontre d’Israël.

Il s’est également prononcé pour la solution à deux Etats.

L’ancien ministre de l’Economie, qui avait quitté le gouvernement en août pour lancer sa candidature à la présidentielle, doit se rendre mercredi en Jordanie.