Il a fallu une guerre pour que les Israéliens se tendent la main et s’entraident, mais une fois motivés, ils proposent sans cesse une série d’initiatives créatives.

Des communautés ont préparé des colis de nourritures, des sous-vêtements et d’autres biens de première nécessité pour les envoyer aux soldats sur le front.

Au centre de Jérusalem jeudi, une initiative mise en place par une agence immobilière a rassemblé des donnations d’une valeur de plusieurs milliers de dollars. Elle a préparé 300 paquets pour les soldats, grâce à des produits fournis à prix coûtant par des marchands locaux et gratuitement par d’autres.

Un groupe de parents s’est dirigé vers le Sud,, ils ont installé des grills et cuisiné des kebabs avant de les mettre dans des petits pains et de les distribuer aux troupes.

Un plombier dans le Sud a installé une douche mobile pour les soldats qui ne combattent pas, il a également lavé 300 serviettes.

Des magasins de tout le pays ont offert des falafels gratuits, du café et des boissons aux soldats.

Pour encourager moralement les femmes dont les maris ont été rappelés pour le service de réserve, un magasin d’articles de maternité à Modiin a même proposé des petits massages shiatsu et des mini-manucures.

Ce n’est pas toujours simple d’accepter de l’aide, mais les gens apprennent à le faire.

Hanna Aron, mère d’enfants âgés de quatre ans et de 4,5 mois, a dit au revoir à son mari il y a deux semaines quand il a été appelé. Plusieurs jours après, elle est apparue sur un message de Facebook de l’adjointe au maire de Jérusalem, Rachel Azaria, présidente du parti Jérusalem.

« Il s’agissait d’aider les femmes dont les maris ont été appelés pour leur devoir de réserviste, et de les convaincre qu’elles ont besoin d’aide », a expliqué Aron qui vit à Jérusalem. « Tout le monde dit toujours. ‘Non, je n’en ai pas besoin, d’autres en ont plus besoin' ».

Aron a décidé de ne pas suivre ce chemin. « Je me suis dit ‘Je vais me faire aider tout de suite’ », a-t-elle expliqué.

Elle a envoyé un message Facebook à Azaria et a immédiatement reçu une réponse et un numéro de téléphone à appeler. On lui demandait de quoi elle avait besoin. Elle a demandé un repas chaud.

« Cuisiner peut être tellement difficile parce que vous travaillez et vous vous occuper des enfants, mais vous avez besoin de manger quelque chose », a déclaré Aron

Ce jour-là, elle a reçu un appel d’un volontaire du parti Jérusalem, qui voulait savoir ce qu’elle voulait manger. « Je lui ai dit que j’aimais le poisson », explique Aron en riant. « Elle m’a proposé des galettes de poisson. J’ai dit : ‘Bien sûr’ ». Cette soirée là, elle a diné avec des galettes de poisson, des pommes de terre sautées et de la salade. Elle a dit que c’était un « vrai cadeau ».

Le parti Jérusalem a regroupé une liste d’environ 200 femmes dont les maris ont été appelés pour faire un service de réserve pour une période indéfinie de temps.

C’est un moment difficile, explique Shira Winkler, la directrice de Tnua Yerushalmite. Le parti a donc trouvé 300 volontaires pour cuisiner, garder des enfants, promener des chiens et transporter les colis.

Le programme est une initiative commune du Parti Jérusalem et du Tnua Yerushalmite, une organisation sociale. Winkler a rassemblé des fonds de la fondation Leichstag et de la communauté juive Riverdale pour soutenir l’effort.

« Nous sommes concentrés sur les demandes des épouses, en leur proposant une aide active », a-t-elle expliqué. « Et cela fonctionne ».

Une femme a été aidée à faire ses cartons pour le déménagement de sa famille vers le Nord en deux semaines de temps. Aron a demandé une garde d’enfant, et a reçu une « garde d’enfant géniale » pour les moments les plus difficiles de la journée, de la fin de l’après-midi jusqu’au coucher. Osnat, une autre mère, a reçu un repas jeudi.

« Nous avons vu qu’il y avait tellement d’aider pour les soldats au front, mais les épouses sont laissées avec des enfants dans des circonstances difficiles et elles ne reçoivent pas d’aide », a déclaré Azaria.

L’adjointe au maire a ajouté qu’ils prévoyaient de continuer à aider aussi longtemps que nécessaire. Une fois que les réservistes seront rentrés à la maison, les adultes auront besoin de reprendre le cours de leurs vies, et cela aura probablement lieu en août, la période dans les vacances d’été où il y a moins de camps et de programmes pour les enfants.

Il y a d’autres formes d’aides offertes.

Une groupe de rabbins du Centre Barkai pour les Pratiques rabbiniques, qui propose de cours pratiques aux rabbins ordonnés en Israël, a mis en place un numéro vert cette semaine pour répondre à une série de questions allant de savoir si c’est normal d’oublier la pudeur quand on court vers un abri à des questions sur Dieu, la foi et la mort.

« C’est un numéro pour les questions de Halakha, mais aussi pour des questions concernant la foi et l’émotion », explique le rabbin Shlomo Sobol, cofondateur de Barkai. « Nous n’avons pas toutes les réponses, nous avons dit à nos rabbins qu’il y a pas de réponses à chaque question. La plupart du temps, il faut écouter et entendre les gens. C’est moins le fait de répondre que simplement d’être là pour écouter la question qui est important ».

L’équipe Barkai a tout d’abord mis en place ce système de soutien après que les trois jeunes aient été enlevés en juin, lorsque les gens posaient des questions et cherchaient des réponses. Tandis que la situation a empiré, de l’enlèvement et le meurtre de Mohammed Abu Khdeir à la pluie de roquettes jusqu’à l’opération terrestre à Gaza, ils ont compris qu’il y avait un besoin à un niveau plus national.

Ils ont alors appelé la compagnie téléphonique Bezeq et, en l’espace d’une demi-heure, ils ont eu une ligne installée.

Barkai, qui est financé par l’entrepreneur d’équipements médicaux Lewis Pell, est basé à Modiin, où Sobol est le rabbin local. Il y a aussi des rabbins à travers tout le pays. Avec 20 rabbins dans sa classe actuelle, et 5 appelés comme réservistes, la ligne change toutes les quelques heures de rabbin, a déclaré Sobol.

Ils ont lancé la ligne dimanche, mais elle prend rapidement de l’ampleur, dit-il. Pour l’instant, c’est grâce au bouche à oreille.

« Tous les rabbins reçoivent beaucoup d’appels », a déclaré Sobol.

Le rabbin Shachar Butzchak d’Ein Hbesoir, un moshav principalement laïc situé à six kilomètres de la frontière de Gaza, a réalisé que la plupart de gens, religieux ou laics, ont besoin de parler à quelqu’un maintenant.

« Il y a des questions pratiques de certaines personnes, comme par exemple si l’on peut s’entraîner dans l’armée durant Shabbat ou comment gérer l’impureré rituelle lorsque votre mari est parti faire son service » explique Butzchak, âgé de 31 ans, qui est actuellement en service de réserve en tant que commandant en second d’une compagnie dans une unité du Golan.

Un exemple fourni par Butzchar est qu’il a dit aux membres de sa communauté qu’ils devaient laisser leurs téléphones allumés pendant Shabbat afin de recevoir les SMS sur les roquettes lancées et les incursions possibles de terroristes dans le moshav.

« La fonction du rabbin est principalement de respecter la loi juive, mais c’est aussi d’être un guide, de donner de l’espoir, et ensuite, en privé, de traiter des questions spécifiques », souligne-t-il. « Notre mission est d’élever l’esprit de tout le monde »

C’est la même chose pour l’initiative de Jérusalem, déclare Aron.

« C’est important de faire des choses dans le genre », confie-t-elle. » Les gens ont besoin d’aide, toutes sortes d’aide, et il faut l’accepter. Même les choses les plus simples vous donnent le sentiment d’être assistées ».