Cinq membres d’une délégation interconfessionnelle qui devaient se rendre en Israël ont été interdits d’embarquement à bord du vol qui devait les prendre en charge à l’aéroport de Washington, apparemment en raison de leur activisme au sein du mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions).

L’organisation Jewish Voice for Peace a fait savoir dans un communiqué lundi que la délégation s’était présentée à l’enregistrement à l’aéroport international de Dulles et qu’il lui avait été annoncé que le gouvernement israélien avait ordonné de ne pas laisser les cinq passagers monter à bord.

Au mois de mars, le Parlement israélien, ou Knesset, a amendé les lois sur l’entrée dans le pays pour empêcher les leaders du mouvement BDS d’obtenir l’autorisation de pénétrer sur le territoire israélien. Cet amendement s’applique aux mouvements privilégiant des actions constantes et significatives contre Israël à travers le BDS, ainsi qu’aux dirigeants et aux militants de premier plan officiant au sein de ces groupes.

Le porte-parole de la Lufthansa Tal Muscal a confirmé que les membres de la délégation n’avaient pas eu la permission d’embarquer à la demande du gouvernement israélien. Les motivations de cette décision n’avaient pas été communiquées à la Lufthansa.

Muscal a expliqué que le transporteur aérien est dans l’obligation de se plier aux requêtes gouvernementales telles que celles-ci.

« Nous ne savons pas qui sont ces gens », a dit Muscal à JTA. « Nous n’avons aucune information sur les raisons que peut avoir le gouvernement israélien de ne pas vouloir les laisser entrer. Nous devons simplement obéir aux règles et aux régulations de chaque pays dans lesquels nous nous rendons ».

Le bureau du Premier ministre a refusé de commenter l’incident.

Trois des activistes appartenaient au mouvement JVP, parmi lesquels une rabbin. Les deux autres membres de la délégation qui n’ont pu embarquer sur le vol sont Rick Ufford Chase, de l’organisation Presbyterian Peace Fellowship de Rockland County, à New York, et Shakeel Syed, membre du bureau national de l’association American Muslims for Palestine de Los Angeles.

Les 18 autres participants de la délégation du Réseau interconfessionnel pour la Justice en Palestine sont arrivés lundi matin en Israël et ont été autorisés à entrer après plusieurs heures de détention et d’interrogatoire, selon JVP.

JVP déclare sur son site internet soutenir le mouvement BDS (boycott, divestment and sanctions) contre Israël.

“Israël m’a retiré la capacité de voyager là-bas en raison de mon travail en faveur de la justice pour les Palestiniens et ce, même si je suis Juif et rabbin », s’est exclamé la rabbin Alissa Wise dans le communiqué de JVP. « J’ai le coeur brisé et je suis scandalisée. C’est encore une nouvelle démonstration que la démocratie et la tolérance en Israël ne s’étendent qu’à ceux qui sont d’accord avec les politiques toujours plus répressives contre les Palestiniens ».

Syed a expliqué dans le communiqué qu’il avait sa carte d’embarquement à la main lorsque « le représentant de la Lufthansa m’a indiqué qu’il avait reçu l’ordre direct des ‘autorités israéliennes de l’immigration’ de ne pas nous laisser monter à bord de l’avion. De plus, on a même refusé de nous montrer l’ordre israélien ».

JVP a fait savoir que ce serait la première fois que l’amendement est appliqué avant que les passagers n’embarquent pour le vol et que c’est également la première fois qu’Israël refuse l’entrée sur son territoire à des Juifs, dont une rabbin, en raison de leur soutien au BDS.

Suite au passage de l’amendement de la loi sur l’entrée en Israël, plusieurs groupes faisant la promotion de BDS avaient prévu d’organiser le voyage de délégations en Israël pour tester les limites de l’amendement.

Un projet de loi anti-BDS qui passe actuellement devant le Congrès élargirait la loi existante qui interdit les boycotts imposés par des gouvernements étrangers, en incluant ceux mis en place par des organisations internationales telles que l’Union européenne et les Nations unies.