Des agents consulaires français ont rendu visite le 11 août, pour la première fois, au journaliste français Loup Bureau, emprisonné depuis trois semaines en Turquie, a indiqué mercredi le quai d’Orsay.

Le ministère français des Affaires étrangères précise que ces agents « ont pu s’entretenir longuement avec lui, notamment sur ses conditions de détention, et lui remettre une aide financière pour ses besoins en prison. Des livres et des magazines ont été également donnés aux services pénitentiaires pour remise à notre compatriote ».

« Nous avons également rappelé aux autorités turques l’importance de ne pas le transférer dans une autre ville ou dans une autre prison et de lui permettre d’avoir des contacts téléphoniques plus fréquents avec sa famille. Par ailleurs, M. Bureau est autorisé par les autorités turques à rencontrer son avocat plusieurs fois par semaine », ajoute le quai d’Orsay.

Le président Emmanuel Macron a évoqué mardi, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sa « préoccupation » au sujet de la détention du journaliste, suspecté par Ankara d’appartenance à « une organisation terroriste armée ».

Le chef de l’État français a souhaité qu’il puisse « être de retour en France le plus vite possible », a indiqué l’Élysée.

Loup Bureau a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation « terroriste » par Ankara) eurent été trouvées en sa possession.

Le père du journaliste français a dénoncé le 11 août l' »acharnement » des autorités turques et regretté le « silence général » de la classe politique française depuis l’interpellation de son fils.

Les organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent des atteintes régulières de la part des autorités turques. La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.