BERLIN — Des Allemands non-juifs qui ont aidé à préserver l’histoire juive locale ont été honorés cette semaine lors de la 17ème édition du Prix annuel de la fondation Obermayer de l’histoire juive en Allemagne.

C’est Rolf Wieland, président de la Chambre des Représentants de Berlin, qui a présenté les prix – établis par feu le philanthrope américain Arthur Obermayer — lundi, au Sénat de Berlin.

Cette cérémonie est entrée dans le cadre d’une série d’événements organisés autour de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, le 27 janvier, jour anniversaire de la libération d’Auschwitz il y a 72 ans.

Tous les lauréats, des professeurs, des conservateurs du musée et des archivistes ont indiqué avoir voulu relever le même défi : Sensibiliser la jeune génération face à une histoire qui s’efface rapidement des mémoires.
Selon l’une des lauréates, Angelika Rieber, de nombreux élèves reconnaissent qu' »il est important de se souvenir, mais ils veulent également aussi être considérés comme des gens normaux ».

Son organisation à but non-lucratif ‘Projet de vie juif’ a permis de créer des rencontres à Francfort entre des milliers d’adolescents locaux et d’anciens habitants juifs de la ville et leurs descendants pendant 40 ans.

« Les élèves craignent qu’on les mette sur le banc des accusés. Mais cette angoisse disparaît à travers les conversations avec les visiteurs Juifs », dit Rieber, qui est née en 1951, après l’Holocauste.

La ville allemande de Bruschal (Capture d'écran : YouTube)

La ville allemande de Bruschal (Capture d’écran : YouTube)

A Bruchsal, une ville d’état de Bade-Wurtemberg, inspirés par l’un des lauréats, Rolf Schmitt, des lycéens travaillent chaque année sur les biographies de citoyens juifs assassinés durant l’Holocauste.

Ils « s’intéressent au sort réservé à ces Juifs pour lesquels des mémoriaux sous forme de ‘pierre d’achoppement’ sont érigés dans la ville », dit Schmitt, 64 ans, distingué pour son travail de sensibilisation à l’histoire juive oubliée.

« Je suis heureux de voir que ces actions ne disparaîtront pas avec des gens âgés comme moi ».

« Ce n’est pas toujours facile mais on arrive à intéresser les jeunes », a expliqué Wieland à JTA, notant une exposition préparée par des élèves de Berlin qui cette année est intitulée : « N’en parlerons-nous pas ? »

Les contacts entre la seconde et la troisième génération, de chaque côté, « font comprendre que même si un passé est très éloigné, il laisse des traces en nous », indique Rieber. « Cela nous fait avancer. Le fait que nous ayons encore des craintes mais que nous puissions travailler ensemble à préparer l’avenir ».