Une délégation d’Arabes israéliens, emmenée par des députés, a été reçue dimanche à la présidence de l’Etat d’Israël, après une marche de quatre jours à travers le désert du Néguev en soutien à la communauté bédouine, selon un communiqué de la présidence.

Le chef de file des partis arabes israéliens, Ayman Odeh, grand artisan de la réussite historique de la liste arabe aux récentes législatives, avait entamé jeudi une marche de quatre jours et plus de 100 kilomètres à travers le désert et vers Jérusalem pour marquer son soutien à la communauté bédouine.

Accompagné de plusieurs dizaines de sympathisants, il avait commencé sa marche dans le village bédouin non-reconnu de Wadi al-Naam, près de la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël.

La délégation a remis dimanche un rapport sur les villages non reconnus par l’Etat à Mme Nechama Rivlin, épouse du président Reuven Rivlin qui se trouve actuellement à Singapour pour les obsèques de Lee Kuan Yew.

Ayman Odeh avait fait campagne dans le Néguev pour les droits des Bédouins. Il menait aux élections parlementaires la liste unifiée des partis arabes israéliens qui a remporté 13 sièges et est devenue la troisième force au Parlement.

Une des principales promesses électorales de Ayman Odeh était d’obtenir la reconnaissance officielle de plus de 40 villages bédouins du Néguev.

« Le Néguev nous est précieux », clamaient ses sympathisants au départ de la marche, arborant des tee-shirts et des casquettes jaunes avec le slogan « Marche pour la reconnaissance ».

Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948. Ils représentent un cinquième de la population israélienne, majoritairement juive, et se plaignent d’être discriminés.

Les Bédouins, descendants des nomades de langue arabe du désert, font partie de ces Arabes israéliens. Au nombre d’environ 260 000, ils vivent pour la plupart dans le Néguev, mais aussi dans le nord et dans le centre d’Israël.

Une partie d’entre eux a conservé un mode de vie semi-nomade, d’autres l’ont abandonné tout en restant attachés à leurs traditions.

Près de la moitié des Bédouins israéliens habitent dans des villages non reconnus par l’Etat, vivant souvent dans une grande pauvreté, sans raccordement aux réseaux d’eau et d’électricité et sans infrastructure de base.

Ils se plaignent des démolitions répétées de leurs villages par les autorités israéliennes, d’urbanisation et de relogements forcés, et de spoliation de leurs terres. Les autorités israéliennes invoquent les constructions anarchiques, l’absence de titres de propriété et le souci d’améliorer les conditions de vie des Bédouins.