Alors que l’annuel Festival Fringe d’Edimbourg prépare à ouvrir ses portes le 1er août, un groupe de célèbres personnalités culturelles écossaises a appelé à un boycott de « La Ville », une pièce israélienne mise en scène par le Théâtre Incubateur de Jérusalem.

Cinquante personnalités de la scène culturelle écossaisse, y compris la dramaturge David Greig, l’auteur et artiste Alasdai Gray, les directeurs de théâtre Ben Harrison, Graham McLaren et Cora Bissett, ont signé la lettre demandant à la compagnie de théâtre Underbelly de reconsidérer la mise en scène du spectacle du groupe, puisqu’elle est, selon eux, partiellement financée par le ministère de la Culture israélien.

On pouvait lire dans la déclaration : « L’actuel assaut brutal par Israël sur le peuple de Gaza, qui constitue une punition collective effroyable, souligne la gravité de votre erreur à travailler avec une compagnie qui est financée par le ministère de la Culture de l’Etat d’Israël ».

La secrétaire à la culture d’Ecosse, Fiona Hyslop a déclaré qu’elle était contre le boycott.

« En terme de boycott culturel, je crois fermement en la liberté d’expression, et je ne crois pas que les boycotts culturels soient cohérents avec les droits des artistes à la liberté d’expression », a écrit Hyslop dans une déclaration.

« Cette compagnie peut s’exprimer d’elle-même, en terme de sa relation avec le gouvernement israélien et les responsables de la salle peuvent prendre leur responsabilitié, mais je crois que nous devons être prudents avant de censurer n’importe quel artiste, d’où qu’il vienne ».

« La Ville », une comédie musicale policière de hip-hop créée par l’ensemble Victor Jackson Show, est sous l’aile de groupe théâtrale marginal de Jérusalem, le Théâtre Incubateur. Joué par cinq acteurs, elle doit être représentée 27 fois lors du festival.

Le directeur de la compagnie, Arik Eshet, a déclaré qu’il a été peiné par la lettre dont les signataires voient le théâtre « en noir ou blanc ». Il explique qu’il a toujours l’intention d’emmener sa compagnie à Edimbourg.

« C’est une question de liberté d’expression. C’est très étrange pour moi que des gens qui croient au dialogue et à la dignité souhaitent un boycott », déclare-t-il. « Nous ne sommes pas des agents du gouvernement israélien. Oui, nous recevons bien des fonds de leur part, mais seulement ces deux dernières années. Nous avons commencé dans la pub à faire de la satire et c’était souvent aux dépens de l’establishment. Ils nous soutiennent même si nous ne sommes pas politiquement corrects ».

Le Théâtre Incubateur est également financé par la Fondation Beracha qui fait la promotion de la coexistence juive et arabe.