Des associations juives s’opposent à une décision de l’administration Trump qui stipule que les employeurs qui considèrent que fournir la contraception dans leur couverture médicale va à l’encontre de leurs croyances religieuses et morales peuvent en être dispensés.

Les exceptions à la promesse de l’Affordable Care Act du remboursement total des contraceptifs ont été annoncés vendredi par le ministère américain de la Santé.

La nouvelle directive élargit les entités qui peuvent prétendre à des objections religieuses pour rembourser les contraceptifs, en incluant à la fois les organisations à but non lucratif et les entreprises à but lucratif.

Le rabbin Jonah Dover Pesner, directeur du Centre d’action religieuse du Judaïsme réformé, a qualifié, dans un communiqué, la réduction du remboursement de la contraception d’ « attaque évidente aux droits des femmes. »

Le rabbin Jonah Pesner, directeur du Centre d'action religieuse du mouvement réformé. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le rabbin Jonah Pesner, directeur du Centre d’action religieuse du mouvement réformé. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Cette décision a été caractérisée, à tort, comme une victoire de la liberté religieuse. Ce n’est pas le cas. En réalité, cela va à l’encontre d’une règle qui équilibrait la liberté religieuse et les cas de conscience avec l’intérêt primordial d’assurer à toutes les femmes un accès à la contraception. Le droit d’une femme à contrôler son propre corps ne devrait pas dépendre de son employeur. Nous nous opposons fermement à cette décision », précisait le communiqué.

« L’administration Trump a de nouveau choisi les intérêts religieux au détriment de la santé des femmes », a déclaré Nancy Kaufman, présidente du Conseil national des femmes juives, dans un communiqué.

« Il existe différents points de vue sur l’utilisation des contraceptifs, et cela devrait être aux femmes de décider si et quand utiliser une contraception en se basant sur leurs propres croyances et besoins. En permettant aux employeurs, avec des objections religieuses et morales, de refuser une couverture médicale sur la contraception à leurs employées, les croyances d’un employeur sont, à nouveau, placées au-dessus des croyances religieuses ou morales de l’employée. Sur une décision aussi personnelle, aucune femme ne devrait être forcée à se plier aux points de vue religieux de son employeur ou de l’employeur de son mari », a-t-elle poursuivi.

Stosh Cotler, directrice de Bend the Arc — Jewish Action, dans un communiqué, a qualifié la réduction des remboursements des contraceptifs de l’Affordable Care Act par l’administration Trump de décision qui « cède aux caprices du droit religieux. »

Elle a également qualifié la décision d’ « attaque contre les femmes à travers tout le pays et une déformation du concept de liberté religieuse. En plaçant les croyances religieuses des propriétaires et des dirigeants d’entreprises au-dessus de celles de leurs employés, l’administration compromet les libertés du même Premier amendement qu’elle affirme vouloir protéger. »

Différents types de pilule contraceptive. Illustration. (Crédit : Ceridwen/CC.SY.BA 3.0/Wikimedia commons)

Différents types de pilules contraceptives. Illustration. (Crédit : Ceridwen/CC.SY.BA 3.0/Wikimedia commons)

« Les Juifs américains croient en une société où tout le monde a accès au soin dont il a besoin, et qui inclut la contraception. Nous continuerons à travailler avec nos alliés dans les communautés religieuses de tout le pays pour préconiser une contraception abordable et globale pour tous les Américains », a déclaré Cotler.

La Cour Suprême a statué en 2014 qu’il était illégal de demander le remboursement de contraceptifs pour les employées des « entreprises comptant peu d’actionnaires » comme Hobby Lobby, une chaîne de bricolage. Ses propriétaires chrétiens avaient refusé de payer différents services de contraception qui doivent être couverts par l’Affordable Care Act.