Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a décidé de mettre en œuvre une politique ayant pour effet d’empêcher les travailleurs palestiniens de Cisjordanie de monter dans les bus avec les résidents des implantations quand ils se rendent au travail dans les villes israéliennes.

Yaalon a déclaré aux dirigeants des implantations qu’avec une nouvelle politique, les Palestiniens pourraient uniquement retourner en Cisjordanie par le point de contrôle d’Eyal près de Qalqilya, loin de la plupart des grandes implantations, a rapporté dimanche le quotidien israélien Haaretz.

Les travailleurs palestiniens seraient tenus de quitter le territoire où ils habitent par Eyal, où ils subiraient des contrôles de sécurité avant d’entrer en Israël, alors qu’ils sont actuellement autorisés à rentrer chez eux à travers tout point de contrôle, ce qui leur permet de rouler dans les mêmes bus que les résidents des implantations.

B’Tselem, une ONG de gauche israélienne, a critiqué le projet et a appelé Yaalon à arrêter de se cacher derrière des prétextes et à « admettre que cette procédure militaire à peine voilée est une façon de céder aux caprices de la ségrégation raciale dans les bus. »

Le projet de directive Yaalon semble couper l’herbe sous le pied de Tsahal, dont la politique a permis jusqu’ici aux travailleurs palestiniens de voyager dans les mêmes bus que les résidents des implantations au cours des trois dernières années.

Le major-général Nitzan Alon, alors commandant de la division de la Judée Samarie et aujourd’hui chef du Commandement central de l’armée israélienne, avait décidé d’en finir avec les systèmes de transport distincts et de permettre aux Palestiniens de circuler aux côtés des Israéliens.

« Si quelqu’un veut vraiment exécuter une attaque terroriste, il peut le faire dans le centre de Tel Aviv », a indiqué le général Nitzan Alon, chef du commandement central, en contradiction avec la décision de Ya’alon.

L’armée israélienne a fait savoir que les bus séparés ne constituaient pas une menace pour la sécurité, alors que tous les Palestiniens passent les contrôles de sécurité.

Alors que les résidents des implantations ont fait l’objet de sévères critiques pour avoir exigé des bus distincts, les résidents juifs de la région ont affirmé qu’ils ne se sentaient pas en sécurité et que les femmes juives connaissent régulièrement des tentatives de harcèlement sexuel de la part des Palestiniens.

Benny Katzover, le chef du Comité des implantations de Samarie, a déclaré que la décision de permettre aux Palestiniens de prendre le bus avec les résidents des implantations avait été une décision politiquement motivée pour nuire à ces derniers.