Mille personnes, selon la police, se sont rassemblées dimanche à Paris à l’appel d’institutions juives françaises pour protester contre la tenue concomitante dans la capitale d’une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien en l’absence des parties concernées, a constaté une journaliste de l’AFP.

Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France, aurait participé à la manifestation de soutien à Israël, ainsi que des dirigeants de la communauté juive française, a annoncé la radio publique israélienne.

Joël Mergui et Francis Kalifat, qui sont respectivement à la tête du Consistoire et du CRIF, ont souligné la nécessité de soutenir Israël pendant la conférence pour la paix.

« Nous sommes venus dire que personne ne pourra imposer à l’État d’Israël un statut autre que celui qu’il s’est délibérément et démocratiquement choisi et (…) que la paix ne pourra être l’aboutissement que de négociations directes, comme cela a été le cas avec l’Égypte et la Jordanie », a déclaré Francis Kalifat, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) à l’initiative de ce rassemblement, tenu à une dizaine de mètres de l’ambassade d’Israël.

« Comment être aveugle au point de ne pas comprendre que c’est la même haine qui a tué à Nice, qui a tué à Berlin et qui tue à Jérusalem quatre jeunes de 20 ans ? », s’est-il interrogé, faisant allusion à l’attaque au camion du 8 janvier.

« Ce qui fera avancer la paix, c’est quand on dira aux Palestiniens qu’ils doivent arrêter la terreur, reconnaître l’État d’Israël comme État juif » et Jérusalem comme sa « capitale une et indivisible », a estimé de son côté Joël Mergui, le président du Consistoire central israélite de France.

Pourtant très critique envers l’initiative diplomatique française, un député de droite, Pierre Lellouche, s’est fait huer par une partie de la foule quand il a évoqué son attachement à la « solution de deux États ».

« Ce n’est pas la meilleure façon de défendre la cause que vous entendez défendre », a alors lancé le député de Paris.

De nombreuses pancartes dénonçaient une communauté internationale uniquement « focalisée » sur Israël : « Irak, 500 000 morts : une conférence de Paris ? », « Darfour 330 000 morts : une conférence de Paris ? ».