Des centaines de soldats israéliens et d’agents de la police des Douanes ont participé, cette semaine, à un entraînement sur une base de Tsahal située dans le sud d’Israël pour préparer l’évacuation de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, qui devrait avoir lieu le 25 décembre.

Cet exercice grandeur nature s’est déroulé sur la base de Tzeelim dans le désert du Negev. Les simulations de scénarios ont compris l’évacuation par la force d’individus faisant de la résistance passive, mais d’éventuelles réactions violentes ont été anticipées elles aussi, selon un reportage de la Deuxième chaîne israélienne diffusé jeudi.

Les troupes et les officiers se sont également entraînés en vue de la nécessité possible de l’établissement d’un cordon de sécurité pour sécuriser l’évacuation de l’avant-poste illégal, opération qui devrait avoir lieu le 25 décembre au plus tard conformément à la date-butoir décidée par la Haute-Cour lors du jugement qui a déterminé qu’Amona avait été construit sur des terres privées appartenant à des Palestiniens.

Un certain nombre de hauts-dirigeants de la police, dont le chef de la police Roni Alsheich, se sont rendus sur la base cette semaine pour y observer les exercices.

Jeudi, un courriel émis par le mouvement qui fait campagne contre la démolition d’Amona a été envoyé à un large panel de destinataires, recommandant aux gens de tout le pays de venir à l’avant-poste de manière à aider à empêcher son évacuation.

Peut-être afin de faire naître un sentiment d’urgence, le courriel a suggéré que l’évacuation aurait lieu dans la soirée du samedi 11 décembre, soit deux semaines avant la date établie par la Haute-Cour. Le courriel était accompagné d’une invitation avec des instructions en hébreu, dont celles d’apporter des vêtements chauds, un sac de couchage, du papier toilette, un appareil photo et de quoi manger.

“L’évacuation est en cours ! Venez tous maintenant à Amona !” dit le message. “De toute évidence, l’évacuation aura lieu cette nuit de samedi. Chacun d’entre vous est invité à venir à Amona et à rester aussi pour le Shabbat. Les routes seront bloquées donc vous devrez [trouver un autre moyen] pour venir ici.” Le message s’achève par la promesse selon laquelle « cette communauté juive ne sera pas détruite ».

Dans la matinée de jeudi, des douzaines de résidents d’Amona ont manifesté devant la Haute-Cour de Jérusalem pour dénoncer le jugement, en criant : “Stop à la dictature de la Haute-Cour !”

“Nous ne pouvons pas accepter le fait qu’un groupe de personnes qui représente peut-être un maigre pourcentage de la population israélienne impose sa volonté au public”, s’est exclamé Uri Kirshenbaum, représentant du groupe “Derech Haim,” qui avait organisé la manifestation.

« Aujourd’hui, ce sont les résidents d’Amona [qui sont obligés d’évacuer]… Demain ça peut être n’importe qui d’autre ».

Le ministre Uri Ariel, du parti Habayit Hayehudi a annoncé que l’évacuation de l’avant-poste d’Amona ne se fera pas sans résistance. Il a également annoncé son intention de se joindre aux militants pour protester contre la démolition ordonnée par la Cour Suprême, selon la Deuxième chaîne.

Le député de droite Yehuda Glick (Likud) a exhorté les sympathisants de l’avant-poste illégal d’Amona d’ignorer les appels à la résistance contre l’évacuation ordonnée par la Cour Suprême, avant le 25 décembre.

Il a publié en hébreu sur ses comptes Facebook et Twitter : « Les réseaux sociaux regorgent d’appels, appelant à se rendre à Amona pour tenter d’empêcher l’évacuation. Je vous supplie de ne pas y aller. Ne les écoutez pas ! Rien de bon n’en sortira ! Il n’y a aucun moyen d’empêcher l’évacuation, et il n’est également pas juste de le faire. »

« Si les résidents d’Amona veulent faire ce qui est juste et en sortir vainqueurs, ils feraient leurs cartons et déménageraient de leur plein gré. Il contribueront un million de fois plus au judaïsme en se conduisant de la sorte plutôt qu’en affrontant les forces de l’ordre. Ne le faites pas ! »