Plusieurs centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union, dans l’est de la France, a annoncé dimanche le ministre français de l’Intérieur en condamnant « avec la plus grande fermeté » cet « acte odieux ».

« La République ne tolérera pas cette nouvelle blessure qui meurtrit les valeurs que tous les Français ont en partage », a déclaré Bernard Cazeneuve, sans fournir davantage de précisions sur cette « profanation ».

« Tout sera mis en œuvre pour identifier, interpeller et déférer à la justice le ou les auteurs de cette ignominie », a-t-il encore assuré.

Selon le ministre, « aucune violence, aucune manifestation d’irrespect ni de haine inspirée par toutes les formes de racisme ou d’intolérance religieuse ne fragilisera notre indestructible volonté de vivre ensemble, en liberté ».

« Le cimetière comprend 400 tombes et environ la moitié ont été profanées », indique le maire de Sarre-Union, Marc Séné, à la chaîne télévisée BFMTV. « Nous pensons que les profanations ont eu lieu vendredi ou samedi. Les personnes devaient être nombreuses car les dégâts sont vraiment importants », précise-t-il.

Selon une source proche de l’enquête, la gendarmerie locale a été prévenue dimanche peu avant 17H00 (16H00 GMT) de la profanation de ce cimetière juif qui compte environ 400 tombes.

« Les constatations de police scientifique sont en cours. Autour de 300 tombes auraient été profanées » selon les premiers éléments de l’enquête, a précisé cette source dimanche soir. Il s’agit de « dégradations », « pour l’instant aucune inscription n’a été constatée ».

Ce n’est pas la première fois que le cimetière juif de Sarre-Union fait l’objet de profanations.

En 1988, une soixantaine de stèles juives avaient été renversées, et en 2001, 54 tombes avaient été saccagées.

La profanation a entraîné de nombreuses condamnations des autorités et de la communauté juive, encore sous le choc des attaques de Copenhague, un mois après les attentats de Paris qui ont fait 17 morts dont quatre dans la prise d’otages dans une épicerie juive.

Un peu plus d’un mois après les attentats de Paris, qui ont notamment visé un supermarché casher, Cazeneuve est allé dimanche à Copenhague pour rendre hommage aux victimes d’une double fusillade contre un centre culturel où avait lieu un débat sur la liberté d’expression et contre une synagogue.

Le président François Hollande a promis dimanche soir que « tout sera(it) mis en oeuvre » pour que les auteurs des profanations des tombes du cimetière juif de Sarre-Union (est de la France), « cet acte odieux et barbare » soient « identifiés et punis ».

« Le président de la République condamne avec la plus grande fermeté la profanation du cimetière juif de Sarre-Union dans le Bas-Rhin. Tout sera mis en oeuvre dans les meilleurs délais pour que les auteurs de cet acte odieux et barbare soient identifiés et punis. La France est déterminée à lutter sans relâche contre l’antisémitisme et ceux qui veulent porter atteinte aux valeurs de la République », a indiqué le palais présidentiel de l’Elysée dans un communiqué.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, a qualifié dimanche d' »acte ignoble et antisémite » la profanation de centaines de tombes dans un cimetière juif dans l’est de la France et promis que « tout sera(it) mis en oeuvre pour retrouver les responsables ».

« Un acte ignoble et antisémite, une insulte à la mémoire. Tout sera mis en oeuvre pour retrouver les responsables », a écrit le Premier ministre sur son compte Twitter après l’annonce de ces profanations par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

« J’en ai marre tous ces actes antisémites, sous leurs différentes formes, qu’on a vus le 9 janvier à Paris, hier à Copenhague et aujourd’hui en Alsace, cette haine qui s’exprime démontre qu’on a complètement raté l’éducation de nos jeunes », a lancé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Roger Cukierman, interrogé par l’AFP.

Le ministre de l’Intérieur a rappelé que « nous protégeons tous les lieux de culte, toutes les institutions. Nous le faisons en très étroite liaison avec la communauté juive ».

En France, les synagogues sont particulièrement protégées par des militaires et des policiers depuis les attentats de début janvier.

Le nombre d’actes antisémites a doublé en France en 2014 par rapport à l’année précédente, avec une hausse des violences plus marquée encore que celle des injures, selon des chiffres de la communauté juive.