Près de 500 universitaires, juristes et défenseurs des droits de l’homme ont accusé jeudi le gouvernement de Stephen Harper de « discréditer » le Canada en adoptant une position « déséquilibrée et partisane » exagérément pro-israélienne dans le conflit actuel.

Après avoir rappelé le lourd bilan humain des affrontements, les signataires de cette lettre ouverte publiée par le Globe and Mail estiment que « le mépris pour le droit international exprimé par le silence du Canada sur de potentielles violations très graves (des règles de la guerre, ndlr) discrédite le Canada ».

Allié inconditionnel d’Israël, le gouvernement conservateur de M. Harper n’a eu de cesse de rappeler son droit à se défendre depuis le début des hostilités, il y a 17 jours, sans l’appeler à la retenue à Gaza comme Washington a pu le faire.

Ottawa a dénoncé mercredi l’ouverture d’une enquête de l’ONU sur les éventuels de crimes de guerre commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza lors de l’actuelle opération Bordure protectrice.

« (Nous) sommes profondément perturbés par la position déséquilibrée et partisane adoptée par le gouvernement canadien et les parties politiques fédéraux », écrivent les auteurs de cette lettre.

« L’adoption d’une telle position manichéenne nuit aux propres objectifs de politiques étrangères (du gouvernement canadien, ndlr), à savoir la conclusion ‘d’un accord de paix global, équitable et durable’ entre Israël et la Palestine », remarquent les signataires.

Les 500 personnalités concluent leur lettre en estimant que « plutôt que de garder le silence face à ces violations du droit international humanitaire, un vrai ami devrait agir avec responsabilité et appeler Israël à y mettre fin ».

Dans un courriel à l’AFP envoyé en réponse à cette tribune, un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Adam Hodge, a souligné que « le Canada regrette les morts et les souffrances de civils innocents à Gaza ». Toutefois, a-t-il insisté, « le Hamas et ses alliés portent l’entière responsabilité » de ces pertes.

Estimant que l’armée israélienne a « pris des mesures exceptionnelles pour réduire les pertes civiles », M. Hodge a fait valoir qu’Israël « devait être loué et pas critiqué pour ces efforts ».

Dans un autre texte diffusé séparément jeudi, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International interpelle le chef de la diplomatie canadienne, John Baird, à propos également du conflit israélo-palestinien.

Demandant qu’Ottawa « insiste pour que l’escalade rapide de ces violations — perpétrées par les deux parties en cause — cesse immédiatement », Amnesty se dit « grandement préoccupée que le gouvernement du Canada n’ait pas, jusqu’à maintenant, condamné énergiquement la nature de l’offensive militaire lancée par le gouvernement israélien ».