Vaincre le cancer est un objectif noble et très difficile à atteindre. Mais en ce qui concerne le cancer du sein, certains médecins du Néguev pensent que la tâche n’est pas impossible.

« Il est certainement impossible de guérir tous les cas de cancer du sein, » indique le docteur David Geffen, chef des services d’oncologie du sein à l’hôpital Soroka. « Mais il ne s’agit pas de fantaisies. »

Des chercheurs de l’hôpital ainsi que ceux du centre Memorial Sloan Kettering Cancer et son centre Evelyn H. Lauder Breast à New York, se sont réunis à l’hôpital Soroka à Beersheba mardi pour passer en revue certaines des plus importantes recherches sur le cancer.

La conférence s’est concentrée sur les idées qui changent la définition et la compréhension de la maladie pour les chercheurs et les liens potentiels entre le cancer et la santé des os, l’obésité et d’autres facteurs.

La situation et le statut de Soroka ont joué un rôle important dans l’organisation de la conférence et dans les recherches, indique le docteur Ehud Davidson, le directeur général de l’hôpital, lors d’une réunion préparative mardi à Jérusalem.

« Les habitants de ce qui représente 60 % des terres israéliennes dépendent tous d’un hôpital – le nôtre, qui est bien entendu bon et grand, mais seul, » a-t-il indiqué. « Nous nous appelons ‘le Dôme de Fer médical’ du Néguev – en temps de guerre comme de paix. »

Ehud Davidson,  (gauche) Larry Norton (centre) et David Geffen à Jerusalem - 8 avril 2014 (Crédit : autorisation du centre médical Soroka)

Ehud Davidson, (gauche) Larry Norton (centre) et David Geffen à Jerusalem – 8 avril 2014 (Crédit : autorisation du centre médical Soroka)

L’hôpital Soroka dessert un million de personnes, dont 400 000 enfants, dans la région du Néguev. En tant que plus grand employeur du Néguev, son personnel s’élève à 4 200 personnes, dont 800 médecins et 2000 infirmiers.

Mais Davidson souligne qu’en moyenne, les résidents de la région vivent 7 à 8 années de moins que ceux de Tel Aviv. Ce fait serait en partie dû à la pénurie de médecins et d’infirmières. Et suite au transfert des bases de l’armée israélienne dans le Néguev, le besoin de personnel a augmenté. Le centre de trauma de l’hôpital est le plus actif du pays ; plus de 3 000 patients, civils et militaires, y sont admis chaque année.

Mais l’hôpital ne peut pas dépendre de ce que les participants de la conférence ont qualifié d’ « antécédents immaculés et de superbes cliniciens, » pour servir non seulement le Néguev mais le pays entier.

Bien que le développement de l’infrastructure et l’accès aux technologies les plus avancées sont importants, ils ne sont pas suffisants, affirme Davidson.

« Ce qui attire le plus les médecins et les chercheurs – les bons médecins, les jeunes médecins comme les médecins expérimentés – est une institution qui leur propose des opportunités, » continue-t-il. « L’une des plus importantes est d’être capable de faire de la recherche poussée et révolutionnaire. »

Et c’est là qu’interviennent les récentes recherches sur le cancer. En étudiant le corps humain au complet et sa relation avec le cancer – les cellules sanguines, la moelle osseuse et pas seulement les cellules cancéreuses – les chercheurs peuvent en apprendre plus sur les habitudes du cancer, poursuit le directeur.

Et en étudiant le système génétique, la santé osseuse, l’obésité, les hormones et d’autres facteurs chez les personnes atteintes de cancers, les chercheurs peuvent tirer des conclusions sur les liens entre ces influences et la maladie.

Le centre médical Soroka à Beer Sheva (Crédit : autorisation du centre médical Soroka)

Le centre médical Soroka à Beer Sheva (Crédit : autorisation du centre médical Soroka)

« Ce que la plupart des gens ne comprennent pas, c’est que les cellules cancéreuses en elles-mêmes sont inoffensives, » explique Norton.

« Personne n’est jamais mort de cellules cancéreuses. On meurt de tumeurs. Et les tumeurs ont un lien étroit avec plusieurs parties du corps, rendant une approche plus générale, nécessaire. »

Le cancer du sein étant l’une des formes de cancer les plus communes, il est devenu un élément clef des recherches sur les relations entre le cancer et d’autres facteurs. Beaucoup de femmes sont en effet disponibles pour la recherche en Israël.

Le rôle de Soroka dans le Néguev et de ses patients – dont les populations bédouines, dont le système génétique est probablement plus uniforme que beaucoup d’autres, – et les tendances innovatrices d’Israël, font de Soroka l’endroit idéal pour conduire les recherches, explique Norton.

« Ceci est vraiment l’endroit idéal pour un projet extraordinaire de recherche clinique, » continue-t-il. « Tout son environnement pourrait en faire un centre mondial pour ce genre de recherches. » Il souligne qu’à chacune de ses visites en Israël, il observe une volonté d’élargir le terrain.

« Le bon terme est l’esprit pionnier, » indique Norton.

« Cela nécessite une confiance en soi, une confiance en ses collègues et le courage de s’avancer sur des terres inconnues. C’est ce que je ressent en Israël : ‘On peut le faire, finissons-en.’ »

Malgré le fait que les études découvrent de nouvelles informations, la prévention primaire est également importante, se sont accordés les chercheurs à la conférence.

Le cancer du sein étant l’une des formes de cancer les plus communes, il est devenu un élément clef des recherches sur les relations entre le cancer et d’autres facteurs.

Les gens à travers le monde ne font pas assez d’exercice ; les fumeurs ont tendance à avoir plus de mal avec tout type de cancer ; et les tests annuels sont vitaux pour la détection et à la prévention du cancer du sein, mais les chercheurs ne sont pas d’accord sur l’âge auquel les femmes devraient commencer.

Les femmes devraient commencer les mammographies entre 40 et 50 ans.

« Si votre objectif en tant que femme est de minimiser les risques de mourir du cancer du sein, vous devriez faire une mammographie tous les ans, » conseille Norton.

Le dépistage précoce n’est pas seulement pour les femmes.

Même si les tests génétiques indiquent que les hommes sont moins enclins à attraper le cancer du sein, la maladie revient aussi facilement que chez les femmes.

« Le plus gros problème avec les hommes est que la plupart d’entre eux ne savent pas qu’ils ont des seins, et ne savent pas ce qu’une boule représente, » indique Norton. « Ils pensent que c’est bénin, et il est alors trop tard. »

Les chercheurs ne savent pas encore où leurs études les mèneront.

Mais ils ont un objectif, indique Geffen, ils veulent faire du cancer une maladie chronique, qui peut être gérée pendant une longue vie.

Actuellement, plus de la moitié des patients atteints du cancer du sein vivent une longue vie, mais les scientifiques veulent que ce nombre augmente.

« Les gens vivent avec le diabète et de l’hypertension, » remarque-t-il.

« Nous voulons qu’il en soit de même pour les patients malades de cancer – de mener une existence longue et productive. Et nous sommes plus proches de ce but avec le cancer du sein qu’avec d’autres types de cancers. »