JTA – Wang « Nicky » Yuchao, un Chinois de 16 ans, pensait qu’il allait skier en Russie avec ses parents. Au lieu de cela, ils l’ont amené dans l’un des quelque 400 centres de réadaptation en Chine dédiés à traiter le trouble de la dépendance à Internet.

Wang passe ses jours confinés dans une base de l’armée reconditionnée à Daxing, juste au sud de Pékin.

L’installation est austère, remplis de couloirs gris et froids et des barreaux en métal à certains endroits. Le traitement est une combinaison d’exercices de l’armée, des séances de thérapie, des jeux de société et d’antidépresseurs. Et bien sûr, il n’y a aucun accès à Internet ou à des consoles de jeux.

Deux cinéastes israéliens, Shosh Shlam et Hilla Medalia, ont passé trois mois à l’intérieur du centre de désintoxication pour faire la chronique de la manière dont la Chine traite la dépendance à ce que l’un des thérapeutes dans le film appelle « l’héroïne électronique ».

Leur documentaire, « Junkie Web », qui a été diffusé le 13 Juillet sur la chaîne PBS, suit Nicky – qui avait l’habitude de jouer à « World of Warcraft », environ 10 heures par jour – et deux autres patients tout au long de leur séjour à la clinique en 2010.

« Web Junkie », qui a été nominé pour le Grand Prix du Jury au Festival de Sundance 2014, met en évidence le potentiel « côté sombre d’Internet » comme les cinéastes l’expliquent, en regardant les enfants qui vivent leur vie en ligne – à l’exclusion de tout le reste, y compris la famille, les amis et l’école. Comme Medalia l’a expliqué au JTA, « certains enfants portent des couches pour ne pas rater une minute de la partie ».

En 2008, Shlam a vu un reportage lors d’un journal télévisé australien sur un jeune Chinois qui avait été battu à mort dans l’un de ces centres de réhabilitation du pays. Elle a indiqué que cette histoire l’avait ému et l’avait inspirée à faire le film.

Le directeur de l’établissement de Daxing a donné aux cinéastes un accès sans précédent au centre de réadaptation, en insistant pour qu’ils restent dans la base plutôt que de faire des allées et venues chaque jour.

Savoir si oui ou non la dépendance à Internet est un trouble psychologique réel qui peut être traité est encore un sujet largement débattu parmi les psychologues. La Chine est le premier pays à l’avoir listé en tant que tel en 2008 – certains affirment que c’était une tentative du gouvernement communiste pour contrôler davantage ses citoyens.

Les adolescents américains sont en ligne « presque constamment », selon une étude récente menée par le Pew Research Center.

La dépendance à Internet n’est pas répertoriée comme un trouble clinique dans le « Manuel de diagnostiques et de statistiques des troubles mentaux », publié par l’American Psychiatric Association.

Les paris sont le seul trouble du comportement reconnu par le guide, même si la dépendance à Internet a été inscrite récemment dans l’annexe du manuel comme nécessitant de plus amples recherches.

Israël utilise également le manuel et ne classe pas la dépendance à Internet comme un trouble officiel.

Pourtant, une étude datant de 2012 menée par l’Organisation mondiale de la Santé a indiqué que les jeunes Israéliens âgés de 11 à 15 ans passent plus de temps à surfer sur Internet que les adolescents de la même tranche d’âge ailleurs dans le monde.

Peut-être que cela n’a rien de surprenant : Dans le cadre de son identité en tant que « nation Start-up », l’économie d’Israël s’appuie l’innovation technologique, comme la création de produits numériques populaires comme l’application de navigation Waze.

En mettant la géographie de côté, que le problème décrit dans « Web Junkies » est « une dépendance ou un phénomène social – et si un phénomène social peut être une dépendance » reste à voir, a souligné Medalia.

« Web Junkie » a été diffusé le 13 juillet sur PBS et sera disponible en ligne du 14 juillet au 13 août.