Un vice-commandant de bataillon a été réprimandé et un chef d’équipe a été déchu de son poste cette semaine, après un comportement « non professionnel » durant une fusillade la semaine dernière en Cisjordanie. Des soldats avaient ouvert le feu sur deux Palestiniens, et l’un d’eux a été tué, dans ce qui ressemble à un malentendu.

Ces mesures disciplinaires ont été prises après que les résultats de l’enquête ont été présentés au major général Roni Numa, chef du commandement du Centre de l’armée israélienne.

Un enquête distincte menée par la police militaire est toujours en cours. Une fois qu’elle sera terminée, les résultats seront remis aux procureurs militaires qui décideront s’ils lancent des poursuites contre les soldats concernés.

Latifa Musa, blessée par balles par des soldats à proximité de l’implantation de Halamish, en Cisjordanie, alors qu’elle se trouvait en voiture aux côtés de son frère, ici à l’hôpital dans la ville de Ramallah en Cisjordanie le 31 octobre 2017 (Crédit : AFP Photo/Abbas Momani)

Le 31 octobre, Muhammad Abdallah Ali Musa, 26 ans, et sa sœur de 33 ans Latifa Musa conduisaient sur une route de Cisjordanie, près de l’implantation de Halamish et du village palestinien de Nabi Saleh.

Selon l’armée, les soldats présents au checkpoint ont estimé que la voiture roulait « étrangement » et ont demandé aux deux Palestiniens de stopper la voiture. Face à leur refus, les troupes ont ouvert le feu, tuant Muhammad et blessant Latifa.

Cependant, après les fusillades, Latifa a déclaré aux journalistes qu’ils n’avaient pas reçu l’ordre de s’arrêter.

« Il y avait deux soldats derrière des barrières de pierre sur la route. Ils ont brusquement commencé à tirer sur nous, sans aucun avertissement. Mon frère a essayé de me protéger », a-t-elle dit.

Latifa a indiqué que son frère et elle-même écoutaient de la musique dans la voiture, et qu’ils allaient faire des courses.

Muhammad a ensuite été pris en charge sur les lieux de la fusillade, puis transporté à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva où son décès a été prononcé.

Le chef de la brigade Givati, le colonel David Bar Kalifa, a officiellement réprimandé le vice-commandant de bataillon de la troupe qui a ouvert le feu sur Musa et sa sœur, « pour n’avoir pas réussi à passer correctement le message aux soldats qui identifiaient la voiture qui roulait de façon douteuse », a déclaré l’armée.

Le chef de l’équipe des soldats qui étaient présents au checkpoint a également été déchu de sa position, « au regard de son comportement non-professionnel depuis le moment où il a reçu le message et son comportement sur la scène plus tard », selon l’armée.

L’armée n’a pas souhaité donner davantage de précision sur le caractère non-professionnel du comportement du chef d’équipe.

Dans son communiqué, l’armée a déclaré que les leçons ont été tirées de la fusillade. « L’endroit où les soldats devraient être situés, le déroulement des événements, et la façon d’y réagir », seront communiqués aux autres unités de l’armée.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.