Une vingtaine de représentants démocrates ont demandé jeudi le report du discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Congrès américain prévu le 3 mars, une intervention qui fait des vagues tant aux Etats-Unis qu’en Israël.

« Il semble que vous utilisiez un dirigeant étranger comme un possible outil politique contre le président », écrivent dans une lettre au président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, les 23 démocrates, qui représentent une minorité du groupe de 188 élus.

Le Premier ministre israélien consacrera l’essentiel de son discours à l’Iran, sujet de discorde entre le Congrès et le président américain.

« Cela a pris l’apparence d’une tentative de promotion d’un projet de nouvelles sanctions contre l’Iran, ce qui pourrait saper les négociations cruciales entre le P5+1 et l’Iran », justifient les démocrates.

Les républicains contrôlent entièrement le Congrès depuis janvier et ils envisagent de voter des sanctions préventives contre l’Iran dans les prochains mois, avant même la date butoir des négociations internationales sur le nucléaire iranien, le 30 juin, afin de faire pression sur Téhéran.

Barack Obama est contre, et la Maison Blanche fait le siège du Congrès pour freiner cette tentative, qualifiée d’interférence.

Mais Benjamin Netanyahu craint que les Etats-Unis et leurs partenaires du P5+1 ne signent un accord trop favorable à l’Iran, et son intervention à la prestigieuse tribune du Congrès est perçue comme un coup de pouce au camp pro-sanctions.

L’invitation a en outre été lancée par les républicains dans le dos de la Maison Blanche, passablement agacée par ces machinations politiques, et le Premier ministre israélien ne rencontrera pas Barack Obama lors de sa visite. Au moins deux sénateurs démocrates boycotteront le discours.

Côté israélien, l’opposition centriste et de gauche a appelé à l’annulation du discours, prévu deux semaines avant les législatives en Israël.