Les députés de l’opposition ont appelé lundi Israël à détruire le crématorium de la région de Damas que le président syrien Bashar el-Assad utiliserait pour brûler les corps des milliers de prisonniers politiques qu’il exécute.

Certains ministres du gouvernement ont également demandé des mesures, mais ont indiqué qu’elles étaient de la responsabilité des Etats-Unis, qui ont accusé lundi le régime d’Assad.

Yair Lapid, le président du parti Yesh Atid, a écrit sur Facebook qu’Israël avait une « responsabilité morale d’agir quand, à portée de frappes de Tsahal, des personnes sont brûlées. Nous devons rayer ce crématorium de la surface de la Terre. »

Lapid a comparé l’échec de la communauté internationale à protéger les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et l’échec de cette même communauté à arrêter le carnage syrien.

Yair Lapid, député et président du parti Yesh Atid, pendant une réunion de faction à la Knesset, le 21 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yair Lapid, député et président du parti Yesh Atid, pendant une réunion de faction à la Knesset, le 21 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Pourquoi le monde savait [ce qu’il se passait] mais n’a rien fait ? Eh bien maintenant nous savons, et nous ne faisons rien », a-t-il dit.

« Des armes chimiques et un incinérateur : le crématorium et Assad doivent partir. Rappelant les horreurs passées, il ne peut faire partie du futur de la région », a écrit lundi sur Twitter Tzipi Livni, numéro deux de l’Union sioniste.

Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur et président du parti Shas, a lui aussi appelé au bombardement du crématorium d’Assad, mais a demandé aux Etats-Unis de frapper.

« Appelez le Hitler, appelez le comme vous voulez, il fait les mêmes choses, a dit Deri à la radio militaire. Il est un assassin, un tueur d’enfants. »

Deri a indiqué qu’appeler le président américain Donald Trump à entreprendre une action militaire contre le régime d’Assad pendant son voyage en Israël la semaine prochaine devrait être la première priorité d’Israël.

Aux Etats-Unis, le directeur exécutif de l’Anti-Defamation League (ADL), a lui aussi comparé l’utilisation présumée d’un crématorium par Assad pour se débarrasser des corps aux actes des nazis pendant la Shoah.

Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

Jonathan Greenblatt a également appelé la communauté internationale, y compris la Russie, à prendre des mesures pour mettre fin aux violences commises par le gouvernement syrien sous la direction d’Assad.

« En tant que Juifs, nous sommes particulièrement choqués par l’extrême brutalité du régime syrien, qui rappelle les pires cauchemars des atrocités nazies contre le peuple juif », a déclaré Greenblatt mardi, dans un communiqué. « Le monde a appris du vingtième siècle qu’il n’en avait pas fait assez pour arrêter les crimes des nazis qui ont entraîné le génocide de six millions de Juifs. »

Mardi, Yoav Galant, le ministre du Logement et de la Construction, a accusé Assad de mener un « génocide » et a affirmé qu’il était temps d’assassiner le dirigeant syrien.

Dimanche, l’administration Trump a accusé le gouvernement syrien d’exécuter des milliers de prisonniers et de brûler leurs corps dans un grand crématorium de la banlieue de la capitale.

Le département d’Etat a déclaré qu’il pensait que 50 détenus étaient pendus tous les jours dans la prison militaire de Saydnaya, à 45 minutes au nord de Damas. La plupart des corps, a-t-il ajouté, sont ensuite brûlés dans un crématorium.

Le département a publié des photographies satellites commerciales montrant ce qui est décrit comme un bâtiment du complexe de la prison qui a été modifié pour soutenir le crématorium. Les photographies, prises pendant plusieurs années depuis 2013, ne prouvent pas avec certitude que le bâtiment est un crématorium, mais elles montrent une construction cohérente avec un tel usage.

La guerre civile syrienne a fait au moins 400 000 morts depuis 2011. Elle a contribué à la pire crise des réfugiés qu’a connue l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et a permis au groupe terroriste Etat islamique de devenir une menace terroriste mondiale.

Judah Ari Gross et des agences ont contribué à cet article.