Un certain nombre de membres arabes israéliens de la Knesset ont voyagé au Qatar la semaine dernière, selon la Deuxième chaîne. Il n’est pas sûr qu’ils aient rencontré un ancien député de la Knesset qui a fui Israël suspecté d’avoir espionné pour le Hezbollah.

Selon la Deuxième Chaîne, trois députés du parti Balad, Jamal Zahalka, Hanin Zoabi et Basel Ghattas, ont visité au Qatar, un pays ayant des liens proches avec le Hamas, ces derniers jours.

Ils auraient rencontré le fondateur du parti Azmi Bishara, un ancien député de la Knesset et universitaire qui habite là-bas dans un exil qu’il s’est lui-même imposé depuis 2007. Il a fui Israël après avoir été visé par une enquête sur des suspicions d’avoir fourni au Hezbollah des informations lors de la Seconde Guerre du Liban.

Un porte-parole du parti a déclaré à Israel Radio ne pas être au courant de la rencontre des trois députés avec Bishara. Il a expliqué qu’ils ont voyagé au Qatar pour mener une série d’entretiens avec des médias (Al Jazeera est basée au Qatar) et pour rencontrer des universitaires. Il a ajouté que les frais du voyage ont été payés par leurs fonds propres.

Lors de la Deuxième Guerre du Liban en été 2006, Bishara a fait l’objet d’une enquête par la police pour avoir transmis des informations au Hezbollah sur l’état de préparation de l’armée israélienne et a été récompensé par le groupe terroriste avec des centaines de milliers de shekels. L’ancien député a également été accusé de blanchiment d’argent.

A la suite de la première enquête, Bishara a quitté Israël et a déclaré à la police et aux enquêteurs du Shin Bet qu’il rentrerait pour une troisième série d’interrogatoires. Il s’est pourtant installé de manière permanente au Qatar, et a soumis sa démission à la Knesset depuis l’ambassade israélienne au Caire. Selon le site web de Bishara, il a reçu la citoyenneté qatarie.

En mars, le chef de la police de Dubai a accusé l’ancien politicien israélien d’être un agent israélien qui aurait été envoyé pour déstabiliser la région du Golfe persique.

Bishara n’est pas l’unique député Balad à être au cœur de controverses médiatiques.

Zoabi a récemment été suspendue de la Knesset pour six mois par le Comité d’éthique de la Knesset. Le procureur général Yehuda Weinstein a décidé d’ouvrir une enquête contre la député après que deux policiers, apparemment des Arabes eux-mêmes, se soient plaints que, lors des audiences pour la prolongation de l’arrestation d’Arabes israéliens qui ont manifesté contre l’opération Bordure protectrice, elle les a insultés avec un comportement agressif. Selon Ynet, Zoabi les a appelés des « collaborateurs avec les oppresseurs de leur propre peuple » et a déclaré qu’ »ils devraient être utilisés pour essuyer le sol ».

Zoabi a participé à la flottille en 2010 vers Gaza organisée par le groupe islamique IHH en Turquie. Elle a aussi récemment irrité les législateurs avec des articles qu’elle a écrits qu’ils ont interprétés comme des conseils au Hamas pour vaincre Israël et comme une incitation à la violence contre Israël.

En avril, l’ancien député du Balad Said Nafa a été jugé coupable d’avoir rencontré un agent étranger, d’avoir voyagé vers un pays ennemi et d’avoir aidé d’autres Israéliens et des résidents permanents à faire de même.

Nafa, un résident de Beit Jann qui a servi à la Knesset de 2007 à 2013, a préconisé que la population druze d’Israël abandonne sa loyauté traditionnelle vers Israël, adopte une identité palestinienne et pan-arabe et arrête d’accomplir le service obligatoire dans l’armée à côtés des Juifs israéliens.