Les députés iraniens discutent d’un projet de relance à grande échelle du programme nucléaire controversé si l’Occident impose de nouvelles sanctions économiques à leur pays, a affirmé jeudi le président du Parlement, Ali Larijani.

L’Iran a gelé depuis janvier 2014 une partie de ses activités nucléaires sensibles, notamment son programme d’enrichissement d’uranium à 20 %, en échange d’une levée partielle des sanctions mises en place par les Occidentaux, qui soupçonnent Téhéran de chercher à fabriquer l’arme atomique.

L’Iran dément ces accusations et affirme que son programme nucléaire a des visées strictement civiles.

Ce pays et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) tentent désormais de parvenir d’ici fin juin à un accord définitif qui garantirait le caractère exclusivement pacifique du programme iranien.

Mercredi, l’Iran a eu une rencontre bilatérale avec les Etats-Unis, au niveau des chefs de diplomatie, avant la reprise dimanche dans cette même ville des négociations élargies à l’ensemble du groupe 5+1.

Mais le Congrès américain, dominé par les Républicains, veut imposer de nouvelles sanctions contre l’Iran avant la fin des négociations. L’administration américaine estime au contraire que cette mesure ferait capoter les discussions.

« Des députés étudient depuis peu de temps un projet de loi stipulant que si l’Occident décide d’imposer de nouvelles sanctions, l’Iran poursuivra ses activités à n’importe quel niveau d’enrichissement dans la technologie nucléaire », a dit Larijani, lors d’un discours à Qom (centre).

Les Occidentaux « doivent utiliser correctement les occasions qui s’offrent à eux » et « ne devraient pas croire qu’ils peuvent nous avoir en marchandant », a ajouté Larijani, cité par le site internet du Parlement.

Mercredi, la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, a affirmé que « toute nouvelle sanction signifierait un arrêt du processus en cours » avec le 5+1.

Les négociations bloquent sur la volonté de l’Iran d’avoir une filière nucléaire civile complète, surtout un programme d’enrichissement d’uranium qui, hautement purifié, sert à la fabrication d’une bombe nucléaire.

Le 5+1 souhaite que l’Iran gèle son programme nucléaire pendant 10 à 15 ans pour démontrer sa nature pacifique, alors que Téhéran veut que cette période ne dépasse pas les dix ans. L’Iran veut aussi une levée totale des sanctions qui asphyxient son économie, mais Washington défend une suspension temporaire et graduelle.