Une délégation de députés israéliens a quitté mercredi un rassemblement international de parlementaires après avoir été confronté à des remarques acerbes, des chahuts et des résolutions critiquant Jérusalem lors de sa réunion annuelle.

La députée du Likud, Sharen Haskel, le député Yesh Atid, Haim Jelin, les députés de l’Union sioniste Yossi Yonah et Nachman Shai et la secrétaire de la Knesset, Yardena Meller-Horowitz, se sont plaints de mauvais traitements lorsqu’ils ont essayé d’intervenir pendant l’assemblée de l’Union interparlementaire à Saint-Pétersbourg.

Bien que les élus aient affirmé être partis pour protester car l’instance avait voté une série de résolutions qui comprenaient des appels lancés à Israël afin de libérer deux Palestiniens condamnés pour avoir participé à des attentats terroristes meurtriers, leur départ a eu lieu peu de temps après qu’ils ont été pris à partie par un député.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux révèle que le président de l’Assemblée nationale koweïtienne, Marzouq Al-Ghanim, a crié aux députés israéliens qu’ils étaient des « tueurs d’enfants » et de « sortir de la salle » après que l’un d’entre eux se soit adressé aux députés présents au sommet. Sur la vidéo, on peut voir la délégation en train de quitter la pièce.

« Je veux répondre à ce que le représentant de ce parlement d’occupation brutale a dit, un représentant de la forme la plus dangereuse de terrorisme, à savoir le terrorisme d’Etat, a déclaré Ghanim. Il y a une parabole que tout le monde, dans le monde entier, connait : si vous ne ressentez pas la honte alors faites comme cela vous plaît. Alors je te dis de sortir d’ici, occupant. Si vous avez un atome de dignité, sortez d’ici, occupants, tueurs d’enfants. »

La vidéo semble alors montrer la délégation israélienne en train de sortir de la salle. Il n’a pas été précisé s’ils étaient partis immédiatement après la diatribe de Ghanim ou quelque temps plus tard.

La députée de l’Union sioniste Ksenia Svetlova a déclaré jeudi qu’elle était fière des députés qui ont « défendu l’honneur du pays » en quittant la salle.

« Je m’attendais à ce que les organisateurs de l’événement calment les choses et ne restent pas en retrait à la lumière des abus verbaux et il est regrettable qu’ils ne l’aient pas fait, a-t-elle déploré. Parfois, il n’est pas facile de représenter Israël à l’étranger, mais malgré cela, nous devons le faire sur toutes les plateformes disponibles. Notre présence sur la scène internationale et dans les organisations internationales est extrêmement importante. »

Les médias israéliens ont indiqué que les députés avaient expliqué qu’ils étaient partis non pas à cause de Ghanim, mais parce que la réunion a approuvé une série de résolutions anti-Israël, y compris une résolution lançant un appel à la libération des terroristes Marwan Barghouthi et Ahmed Saadat.

D’autres motions ont également réprimandé Israël pour avoir détenu en détention administrative des membres du Hamas du Conseil législatif palestinien.

Avant leur départ, Shai s’est adressé au sommet et l’a critiqué pour avoir demandé à Israël de libérer Barghouthi et Saadat.

Nachman Shai (Union sioniste) à l'assemblée de l'Union interparlementaire à Saint-Pétersbourg, le 18 octobre 2017 (Crédit : Porte-parole de la Knesset)

Nachman Shai (Union sioniste) à l’assemblée de l’Union interparlementaire à Saint-Pétersbourg, le 18 octobre 2017 (Crédit : Porte-parole de la Knesset)

« Je croyais innocemment que l’organisation, comme le monde entier, est unie dans la lutte contre le terrorisme, puisque le terrorisme met en danger chaque pays, dans chaque endroit, à chaque instant dans le monde. Vous voulez libérer les meurtriers condamnés de prison ? Je pensais que vous vouliez combattre le terrorisme et non pas l’aider, mais la réalité est différente. »

Shai a déclaré à la réunion qu’Israël est engagé dans la paix avec ses voisins, y compris les Palestiniens, « mais cela ne se fera pas aux dépens de la lutte sans compromis contre la propagation du terrorisme. »

Des représentants de plusieurs pays ont condamné Israël, notamment la Syrie, le Pakistan, la Jordanie et le Koweït. Un représentant de l’Autorité palestinienne a également condamné Israël

Haskel a expliqué aux parlementaires que certains de ceux qui étaient présents n’avaient pas le droit de dire à Israël comment se comporter démocratiquement, compte tenu de leurs propres antécédents.

« Je pense que c’est une mauvaise blague », a-t-elle dit, luttant pour se faire entendre au dessus du vacarme alors que les critiques tapaient sur leurs bureaux. « Des pays comme le Pakistan, la Syrie et l’Iran se comportent de façon hypocrite, ils nous expliquent [à Israël] ce qu’est de préserver les droits de l’Homme. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Cette organisation est censée préserver la démocratie, créer une coopération entre les pays et la renforcer, mais l’Autorité palestinienne n’a pas eu d’élections depuis plus de dix ans et personne de moins de 29 ans n’a jamais voté. Qui sont les représentants élus ? »

Après la réunion, la délégation israélienne a envoyé une lettre de plainte au président sortant de l’organisation, Saber Chowdhury, du Bangladesh, affirmant qu’il a profondément endommagé la position neutre de l’organisation en permettant aux états arabes d’interrompre constamment les locuteurs israéliens et en n’accordant pas le même temps aux membres de la délégation de la Knesset.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué qu’il n’était pas impliqué dans les arrangements pour l’événement et que c’est la Knesset qui décide quels députés envoyer.

Amir Peretz, le 10 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Amir Peretz, le 10 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus tôt ce mois-ci, un parlementaire israélien avait été accosté par un responsable marocain qui l’a qualifié de « criminel de guerre » lors d’une réunion de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée et de l’Organisation mondiale du commerce à Rabat, la capitale du Maroc.

A la fin de la session, le député de l’Union sioniste Amir Peretz a été approché par le chef d’un parti ouvrier islamiste au parlement marocain, qui a commencé à crier sur l’ancien ministre de la Défense.

« Vous êtes un criminel de guerre », s’est écrié Abed al-Halak en s’adressant à Peretz. « Vous étiez le ministre israélien de la Défense et vous êtes un invité indésirable ici. »

L’ancien député israélien druze Majalli Wahabi avait pris à la défense de Peretz, notant que le député de l’Union sioniste est né au Maroc.

Le président de la réunion a ensuite présenté ses excuses à Peretz, en disant : « cette minorité ne représente pas le parlement ou le peuple marocain », selon un porte-parole de Peretz.