Trois membres arabes israéliens de la Knesset ont invoqué des difficultés bureaucratiques pour expliquer pourquoi ils n’ont pas signalé à la commission d’éthique de la Knesset qu’ils allaient effectuer un séjour au Qatar qui aurait été financé par un ancien député du Balad soupçonné d’être un espion au profit du Hezbollah : Azmi Bishara.

Les députés Jamal Zahalka, Hanin Zoabi et Basel Ghattas ont présenté, mardi, des textes quasiment identiques à la commission.

Dans ces textes, ils expliquent que c’est à cause de « raisons techniques » qu’ils n’ont pas suivi le protocole et qu’ils n’ont pas déclaré le voyage, avant d’effectuer le séjour.

Après avoir expliqué que le voyage avait eu lieu du 13 au 15 août et que toutes les dépenses avaient été prises en charge par l’Arab Center for Research and Policy Studies [le centre arabe pour la recherche et les études politiques] de Doha, les députés ont déclaré qu’à cause des complications dues au fait de voyager au Qatar, qui n’a pas de relations diplomatiques avec Israël, ils n’étaient pas en mesure de faire un rapport dans des brefs délais.

« Je voudrais souligner que je ne pouvais pas rendre compte de ce voyage à la commission d’éthique avant de faire ce voyage, pour des raisons purement techniques. Jusqu’à la dernière minute, ce n’était pas sûr que ce voyage ait lieu, car tout dépendait du fait que l’Etat du Qatar nous octroie ou non un visa, qui a été retardé jusqu’à la dernière minute », ont-ils écrit.

Chaque député a aussi déclaré : « Je voudrais souligner que j’ai mes réserves quant à la procédure en ce qui concerne les déclarations à la commission d’éthique, mais cependant, j’accepte les règles et je les respecte ».

Bishara est le directeur général du centre de recherche qui a financé le séjour.

Ce financement comprenait les billets d’avion des députés, l’hôtel, et les autres dépenses pendant le séjour de deux jours dans la capitale qatarie. Le règlement de la Knesset stipule que les députés doivent soumettre toutes les informations sur les sources du financement d’un voyage à la commission d’éthique au préalable. Mais ces trois députés n’ont soumis ces informations qu’à leur retour.

Mardi, la commission d’éthique de la Knesset a annoncé qu’elle allait enquêter sur ce voyage – la source de son financement et son but – après une requête officielle de la députée de Yesh Atid Yifat Kariv et les critiques acerbes après l’annonce que les trois députés auraient peut-être rencontré Bishara pendant ce voyage.

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman et d’autres législateurs se sont insurgés contre le parti Balad lundi. Ils les ont menacés de les disqualifier pour les empêcher de se présenter aux futures élections de la Knesset.

« Ce voyage des membres de Balad, parti fondé et mené par Azmi Bishara… prouve à ceux qui sont encore sceptiques qu’il n’y a aucune place pour eux à la Knesset israélienne », a ecrit Liberman sur Facebook.

Il a ajouté que même si la Cour suprême a précédemment rejeté les demandes d’interdiction pour empêcher le parti Balad de se présenter à la Knesset, « nous continuerons et nous ferons tout ce qui est possible pour que l’on retire la place à la Knesset de la cinquième colonne qui représente les organisations terroristes à la Knesset israélienne et qu’on les mette derrière les barreaux ».

Selon la Deuxième chaîne, les trois députés du parti Balad ont rencontré Bishara, le fondateur de Balad et l’ancien député de la Knesset qui vit en exil volontaire au Qatar depuis 2007. Il a fui Israël après une enquête car il était soupçonné d’avoir donné des informations au Hezbollah pendant la deuxième guerre du Liban.