La Knesset devrait faire passer le projet de loi sur une hausse de salaire minimum dans les prochaines semaines, en dépit de sa dissolution et de l’opposition du procureur général Yehuda Weinstein.

Selon un communiqué du Likud jeudi, le président de la coalition Zeev Elkin (Likud) et le secrétaire du parti travailliste Eitan Cabel, représentant de l’opposition, ont convenu de promouvoir l’augmentation de salaire annoncée par Netanyahu la semaine dernière.

L’augmentation a été acceptée par l’union syndicale Histadrout et les groupes d’employeurs, puis par le Premier ministre.

Mais elle a rencontré l’opposition du procureur général Yehuda Weinstein, qui a prévenu jeudi de difficultés juridiques lors de changements majeurs dans la politique économique dans un gouvernement préélectoral provisoire après une dissolution de la Knesset.

Le parti Yesh Atid a félicité la décision du procureur général, disant que Weinstein empêche « une corruption électorale et assure l’application d’une bonne gouvernance ».

« L’augmentation du salaire minimum est une décision nécessaire, morale et éthique qui, si le Premier ministre n’avait pas court-circuité l’initiative de [l’ancien] ministre des Finances [Yair] Lapid, aurait abouti, » a déclaré le parti dans un communiqué. « Une fois de plus, le Premier ministre prend des décisions basées sur des intérêts politiques et non des citoyens. »

Mais les travaillistes et le Likud désapprouvent. Bien que concurrents, les deux plus grands partis dans les sondages voient Yesh Atid comme une menace électorale. Tous deux font équipe pour promouvoir la hausse du salaire minimum, malgré l’opposition de Weinstein et de Lapid, président de Yesh Atid.

Selon la législation et les lois parlementaires, une Knesset dissoute peut encore faire passer des lois et modifier le budget de l’Etat, à la condition que le changement bénéficie d’un soutien général de la coalition et de l’opposition.

Un « comité de consensus » spécial, composé de représentants de la coalition et de l’opposition, est établi dans une Knesset sortante pour permettre le vote de telles propositions.

Selon des sources du Likud et travaillistes, les deux partis ont convenu jeudi de promouvoir la proposition par l’intermédiaire du comité de consensus, et, si nécessaire, de soumettre la législation au vote du plénum.

Entre un quart et un tiers des travailleurs israéliens sont employés sur la base du salaire minimum, qui est actuellement de 4 300 shekels, selon un reportage de la Deuxième chaîne.

Cette mesure sur les salaires intervient dans le contexte de la publication de deux rapports récents sur la pauvreté, chiffrant à 1,6 million le nombre d’Israéliens vivant sous le seuil de la pauvreté, et statuant qu’un ménage moyen dépense des centaines de shekels de plus que son revenu mensuel, principalement en raison des coûts de logement.