Des dizaines de Palestiniens ont été blessés mercredi lors de heurts avec la police israélienne sur le mont du Temple, à Jérusalem-Est, après l’ouverture du site à des visiteurs juifs, selon un journaliste de l’AFP.

Le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, a indiqué à l’AFP que des Palestiniens avaient jeté des « pierres et des pétards » sur la police lorsque celle-ci avait ouvert à des visiteurs juifs les portes du site.

La police a riposté avec des grenades assourdissantes, selon M. Rosenfeld, et fermé le site aux visiteurs juifs après que plusieurs d’entre eux eurent effectué un tour sur le mont du Temple, qui abrite le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.

Un journaliste de l’AFP a vu des dizaines de Palestiniens blessés par des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes. Ils ont ensuite pénétré dans la mosquée d’Al-Aqsa, sachant qu’ils ne pouvaient pas y être arrêtés.

M. Rosenfeld a déclaré que la situation était redevenue calme et qu’aucune force de police était restée sur le site.

L’esplanade, que les musulmans appellent le « Noble sanctuaire » et les juifs « Mont du Temple », est un lieu sacré pour l’islam comme pour le judaïsme et une source de tensions quasi-quotidiennes entre les deux communautés. Au pied du mont du Temple se situe le Mur des Lamentations.

Les non-musulmans peuvent se rendre sur l’esplanade mais les juifs ne sont pas autorisés à y prier. Des juifs nationalistes exigeant le droit d’y prier tentent cependant souvent d’y entrer.

Les Juifs célèbrent depuis lundi soir et pour huit jours les festivités de la Pâque. La police a annoncé avoir arrêté lundi cinq militants juifs d’extrême-droite qui s’apprêtaient à sacrifier un agneau selon un ancien rite pascal.

La Jordanie, gardienne officielle des lieux saints musulmans à Jérusalem, a appelé mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU à mettre fin à l' »escalade » israélienne sur ce lieu saint.

« Les devoirs juridique, humanitaire et éthique du Conseil de sécurité et de la communauté internationale exigent qu’ils mettent fin à l’escalade israélienne et aux violations commises par des juifs extrémistes à Al-Aqsa », a déclaré le ministre jordanien de l’Information, Mohamed Momani, selon l’agence officielle Petra.

« De telles actions, ainsi que l’insistance d’Israël pour soutenir les groupes extrémistes, provoquent les musulmans à travers le monde, créent plus d’instabilité dans la région et enfreignent le droit international », a-t-il ajouté.