Un groupe djihadiste égyptien a affirmé lundi avoir attaqué à la bombe dans la péninsule du Sinaï un gazoduc vers la Jordanie, en représailles à la participation d’Amman à la coalition anti-djihadistes.

Ansar Beït al-Maqdess, qui a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) très active en Syrie et en Irak, a posté sur son compte Twitter trois photos présentées comme celles de l’attaque du gazoduc, sans préciser quand celle-ci avait été menée.

Les photographies n’ont pu être authentifiées et on ignorait dans l’immédiat si elles correspondaient à l’attaque du 23 décembre, la dernière contre un gazoduc au Sinaï rapportée par les médias officiels.

Il s’agissait alors de la 27ème attaque contre un gazoduc dans cette région depuis la révolte de 2011 ayant conduit à la chute de Hosni Moubarak, selon des sources de sécurité.

Deux des images publiées par Ansar Beït al-Maqdess montrent un djihadiste creuser et placer un explosif, tandis que sur la troisième on peut voir une explosion.

La Jordanie fait partie de la coalition internationale qui mène une campagne aérienne en Syrie et en Irak contre l’EI. Ce groupe a capturé un pilote jordanien en Syrie en décembre après le crash de son appareil.

La Jordanie importe la quasi totalité de ses besoins en énergie. Très dépendante du gaz égyptien et affectée par les différentes attaques dans le Sinaï, elle a décidé de diversifier ses sources d’approvisionnement, en important du gaz d’Israël.

Ansar Beït al-Maqdess a revendiqué la plupart des attentats spectaculaires commis contre les forces de l’ordre égyptiennes depuis l’éviction par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, notamment l’attentat suicide qui a tué 30 soldats dans le Sinaï fin octobre.

Il dit agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans du président islamiste et qui a fait plus de 1 400 morts, dans leur immense majorité des manifestants.