Dans le sous-sol d’une maison du mont des Oliviers, c’est toute une collection qui vient d’être retrouvée.

Celles de photographies de la Palestine ottomane de plus de cent ans – publiées pour la première fois – qui attestent du mode de vie en Palestine dans les dernières années de la domination turque.

La plupart des photos ont été prises par le premier directeur de l’Institut Allemand d’Archéologie, Gustaf Dalman, un penseur éclectique du début du 20ème siècle tombé amoureux de la Terre sainte.

A la manière du Français Albert Kahn, il a choisi de répertorier les habitants de la région, ses plantes, ses animaux, ses sons et son mode de vie en général.

L’Institut d’Archéologie (DEIAHL) a été fondée en 1900 par l’Eglise protestante allemande à la demande de l’empereur Guillaume II suite à sa visite historique à Jérusalem deux ans plus tôt, avec l’objectif déclaré de promouvoir « l’exploration de la Terre Sainte et de son passé, de ses cultures et religions ».

Aujourd’hui le siège de l’Institut est situé dans une maison en pierre à l’ombre de l’hôpital Augusta Victoria sur le Mont des Oliviers. Le bâtiment abrite une bibliothèque avec des milliers de livres sur l’archéologie de l’ancien Israël.

Outre un petit musée stockant un assortiment de poterie, de métaux ou d’objets ayant appartenu aux anciens administrateurs, le joyau du musée reste la collection de photos de Gustaf Dalman.

Celles-ci, imprimées sur des plaques de verre ont été réalisées soit par lui, soit par des fournisseurs de photos de la région. La plupart sont en noir et blanc, mais beaucoup ont été colorisées de manière artificielle.

Gustav Dalman, 1901 (Crédit : © DEIAHL, Jerusalem)

Gustav Dalman, 1901 (Crédit : © DEIAHL, Jerusalem)

« L’ensemble est vraiment un exemple de la manière dont la représentation de cette partie du monde a fait son chemin dans l’imaginaire occidental » a déclaré le Dr Kathleen Howe, une experte en photographie du Pomona College de Californie.

D’après elle, ces photos ont réussi à capturer une « Palestine rurale intemporelle » pour un public américain et européen.

« C’est une région intacte que montrent ces photos, comme un vestige de l’époque des prophètes. C’est exactement ce que les touristes sont venus chercher. C’est aussi ce que voulaient voir ceux qui ne pouvaient faire le voyage» a déclaré Howe.

Dalman, qui formait des professeurs allemands, avait pour ambition de leur faire connaître cette région du monde. Il faisait le tour du pays à cheval pendant des mois à la fois avec des théologiens et des historiens, organisant la visite de sites archéologiques et donnant des conférences.

Ses photographies reflètent ses nombreux voyages autour de la Terre sainte et sa familiarité avec la géographie biblique.

Le DEIAHL poursuit cette tradition et emmène encore des universitaires allemands sur des sites historiques pour de longs séjours dans la région.