VARSOVIE, Pologne (JTA) — Environ 100 personnes ont assisté à une cérémonie lundi organisée en commémoration des victimes du pogrom de Jedwabne, dans le nord-est de la Pologne.

Pour la première fois, l’évêque Rafał Markowski, président du Conseil du dialogue religieux et du Comité de dialogue avec le Judaïsme, a assisté à la cérémonie. Il a déclaré que l’église catholique priait et qu’elle présentait ses excuses au nom des assassins polonais.

Le 10 juillet 1941, quelques douzaines de personnes avaient brûlé vif plus de 300 Juifs dans une grange du village de Jedwabne.

Markowski s’est souvenu que son prédécesseur, l’évêque Mieczysław Cisło, avait déclaré que si la déclaration Nostra Aetate – sur la relation entretenue entre l’église et les religions non-chrétiennes – avait été faite en 1939, il n’y aurait pas eu de pogroms à Jedwabne et à Kielce en 1946 et que, peut-être, il n’y aurait pas eu l’Holocauste.

Emil Jeżowski, de l’ambassade israélienne, a lu une lettre écrite par l’ambassadrice israélienne en Pologne, Anna Azari, dans laquelle elle soulignait qu’Israël observait avec amitié le chemin difficile emprunté par la Pologne pour tirer les leçons de son histoire.

« Les demandes de notre religion, pour nous, sont de nous souvenir et de ne pas oublier », a déclaré pour sa part Anna Chipczyńska, présidente du conseil de la communauté juive de Varsovie qui, durant la cérémonie, était accompagnée pour la première fois par un garde du corps.

Ont également assisté à l’événement, entre autres, Mateusz Szpytma, vice-président de l’Institut national de la mémoire ; Wojciech Kolarski, de la Chancellerie du président Andrzej Duda ; Aaron Fishman de l’ambassade américaine et Rolf Nikel, ambassadeur allemand en Pologne.

Isaac Lewin, dont la famille a été assassinée pendant le pogrom, est venu d’Israël réciter la prière du Kaddish sur le site comme il le fait tous les ans.

Le pogrom a été décrit en détail par Jan Tomasz Gross dans un livre intitulé « Voisins » et paru en l’an 2000.

L’Institut national de la mémoire a commencé une enquête sur ce pogrom, qui a été interrompu trois ans plus tard. Les nationalistes polonais ont tenté de discréditer, depuis, Gross, attribuant la responsabilité du pogrom aux communistes et aux nazis.

En 2001, le président Aleksander Kwaśniewski a présenté ses excuses, en son nom et au nom des Polonais « dont la conscience est émue » suite au pogrom.