Une ambulance de Tsahal a été bombardée par des pierres, lundi, dans le village israélo-druze de Hurfeish, par les habitants qui croyaient qu’elle transportait des djihadistes syriens blessés en quête de soins médicaux dans l’Etat juif.

Le véhicule de l’armée israélienne a été arrêté tôt le matin en dehors de la ville et entouré de plusieurs résidents qui ont exigé d’inspecter les passagers, a indiqué la police.

Un homme de 54 ans a été blessé, apparemment après avoir été heurté par le véhicule militaire.

Israël soigne régulièrement des Syriens blessés dans la guerre civile, et l’armée israélienne a mis en place un hôpital de campagne le long de la frontière.

Ayoub Kara (Crédit : Flash90)

Ayoub Kara (Crédit : Flash90)

Le chef de la municipalité, Hurfeish Farah Sabeq, a condamné l’incident et a expliqué que les résidents locaux sont inquiets et tendus à cause du sort des milliers de Druzes syriens ciblés par les groupes djihadistes.

« Nous condamnons cette agression comme nous condamnons toute activité illégale, mais surtout ici, car elle impliquait des forces de sécurité », a déclaré à Reuters Sabeq, ajoutant que les résidents sont « exaspérés par la situation en Syrie ».

Le vice-ministre Ayoub Kara, un homme politique druze (Likud), a noté qu’il avait l’assurance du ministre de la Défense Moshe Yaalon que les membres de groupes djihadistes syriens ne sont pas transportés en Israël pour des soins médicaux.

Un Druze observant les bombardements entre les forces syriennes depuis le côté israélien de la frontière avec la Syrie dans les hauteurs du Golan le 16 juin 2015. (Crédit : Basel Awidat / Flash90)

Un Druze observant les bombardements entre les forces syriennes depuis le côté israélien de la frontière avec la Syrie, dans les hauteurs du Golan, le 16 juin 2015. (Crédit : Basel Awidat / Flash90)

Les Druzes, une secte mystique qui a rompu avec l’islam chiite au 11e siècle, sont idéologiquement loyaux aux pays dans lesquels ils résident. Les Druzes d’Israël parlent hébreu et beaucoup d’entre eux servent dans l’armée israélienne.

Cependant, les habitants des quatre villages druzes du plateau du Golan, conquis par Israël en 1967, restent fidèles au régime syrien et ont pour la plupart refusé la citoyenneté israélienne.

Vue des bombardements entre les forces syriennes depuis le côté israélien de la frontière avec la Syrie dans les hauteurs du Golan le 16 juin 2015 (Crédit : Basel Awidat / Flash90)

Vue des bombardements entre les forces syriennes depuis le côté israélien de la frontière avec la Syrie, dans les hauteurs du Golan, le 16 juin 2015 (Crédit : Basel Awidat / Flash90)

La religion druze est considérée comme hérétique par l’islam sunnite ; les Druzes ont été ciblés par les groupes radicaux al-Nusra  et Etat islamiste.

Depuis qu’au moins 20 Druzes ont été tués il y a peu par al-Nosra, à côté de la frontière turque, leurs frères israéliens sont devenus plus énergiques et font pression sur Jérusalem pour que l’Etat juif aide les Druzes.

Le gouvernement israélien suit la situation et envisage un certain nombre de propositions pour aider le groupe assiégé, y compris la création d’une « zone de sécurité » du côté syrien du plateau du Golan.

Une autre proposition implique un certain nombre de villes juives du Nord d’Israël, qui pourraient accueillir des réfugiés druzes fuyant la guerre, a rapporté le Yedioth.

Si les membres du groupe minoritaire devaient quitter la Syrie à cause des organisations djihadistes, le Conseil régional de Haute Galilée, composé de 29 kibboutzim, pourrait les accueillir.

Le responsable du Conseil, Giora Zetlz, dit que les vérifications sont encore en cours mais que l’infrastructure et l’équipement nécessaires existent pour accueillir des réfugiés.

« Nous allons certainement analyser cette option, nous sommes en contact avec l’armée et les dirigeants de la communauté druze », a déclaré Zeltz.

« Nous disposons de salles de sport et de 11 écoles qui pourraient accueillir des réfugiés, ainsi que de l’équipement médical et les fournitures pour les bébés. C’est un geste humanitaire », a-t-il dit.

Le chef de la communauté druze en Israël, Sheikh Moafaq Tari, avec un grand nombre de leaders druzes, a effectué dimanche une tournée de la zone frontalière du plateau du Golan avec des officiers du commandement de l’armée israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef spirituel de la communauté druze en Israël, Sheikh Moafaq Tarif, dans le village de Julis dans le nord d'Israël le 25 avril 2013 (Crédit : Moshe Milner / GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef spirituel de la communauté druze en Israël, Sheikh Moafaq Tarif, dans le village de Julis, dans le Nord d’Israël, le 25 avril 2013 (Crédit : Moshe Milner / GPO)

« Ce sont des moments tendus, et il était important pour nous de voir nos frères dans Hader pour vérifier qu’au moins pour l’instant, il y a le calme et la sécurité là-bas », a dit Tarif, se référant à un village syro-druze sous le mont Hermon, attenant à la frontière israélienne.

En 2013, les habitants de 14 villages druzes du nord de la Syrie ont été contraints de se convertir à l’islam par les combattants de l’Etat islamique.