Des élus saluent Bahloul, démissionnaire après la loi sur l’Etat-nation
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Des élus saluent Bahloul, démissionnaire après la loi sur l’Etat-nation

Le cheffe du Meretz a invité Zouheir Bahloul à rejoindre son parti ; des élus expliquent que cette démarche souligne l'aliénation de la minorité arabe d'Israël

Zouheir Bahloul, député arabe de l'Union sioniste, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Zouheir Bahloul, député arabe de l'Union sioniste, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les députés de gauche ont salué samedi le député arabe israélien Zouheir Bahloul, qui a annoncé qu’il démissionnait de la Knesset pour protester contre la loi sur l’Etat-nation et déclaré que cette initiative soulignait le sentiment d’aliénation éprouvé parmi les groupes minoritaires suite à l’adoption de la législation.

Bahloul, de l’Union sioniste, a annoncé samedi qu’il quittait la Knesset pour manifester son désaccord avec le texte récemment adopté qui, selon lui, discrimine officiellement la minorité arabe israélienne.

Les législateurs de droite sont restés imperturbables.

Le projet de loi sur l’Etat-nation – qui pour la première fois ancre Israël en tant que « foyer national du peuple juif » et qui détermine que « le droit à l’exercice de l’auto-détermination nationale au sein de l’Etat d’Israël est propre à la population juive » – a suscité de vives et nombreuses critiques au sein des minorités du pays, de la communauté internationale et des groupes juifs de l’étranger.

Mais le président sortant de l’Union sioniste, Isaac Herzog, et son nouveau leader Avi Gabbay ont salué Bahloul, un « homme de principes ».

« Les voix des minorités en Israël doivent être entendues », a dit Herzog, tandis que Gabbay a promis que la formation aurait un représentant arabe lors des prochaines élections.

Un autre député de l’Union sioniste, Omer Bar-lev, a affirmé que Bahloul était « un bastion de tolérance ».

Omer Barlev (photo credit: Flash90)
Omer Barlev (Crédit photo: Flash90)

« Sa démission et la grande difficulté qu’il a ressentie à l’idée de continuer sa mission sont une autre preuve de ce que cette terrible loi sur l’Etat-nation ne fait pas que heurter notre démocratie et nos minorités, qu’elle ne fait pas que marginaliser, mais qu’elle pose aussi les fondations d’une société divisée et affligée », a commenté Bar-lev.

Pour sa part, Tamar Zandberg, du parti de gauche du Meretz, a expliqué que le retrait du politicien arabe israélien montrait que les arabes ne pouvaient pas être correctement représentés dans l’Union sioniste de centre-gauche.

« La démission regrettable de Zouheir Bahloul est une preuve de plus de la division terrible créée par ce gouvernement entre ses citoyens juifs et arabes », a-t-elle écrit. « J’appelle Bahloul à nous rejoindre pour combattre les forces de l’obscurantisme ».

La majorité des réactions à cette démission a émané de la gauche. Le député du Likud, Miki Zohar, a toutefois qualifié ce retrait « d’opportunisme ».

« Cette démission n’est pas surprenante. Alors qu’il a vu sa faible chance d’être réélu à la Knesset, il a décidé de prendre position contre la loi sur l’Etat-nation », a dit Zohar.

Miki Zohar, député du Likud, pendant le vote du budget de l’Etat en commission des Finances de la Knesset, le 19 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Au-delà de la nécessité de clarifier la place de nos frères druzes, c’est l’une des lois fondamentales jamais adoptées depuis la fondation de l’Etat. Ce sera intéressant de voir si la prochaine étape, pour Bahloul, sera de quitter notre merveilleux pays », a ajouté Zohar.

Naftali Bennett du parti HaBayit HaYehudi de droite a pour sa part déclaré que Bahloul ne serait pas regretté.

« Bahloul a expliqué que son identité palestinienne était plus importante que son identité israélienne », a commenté Bennett. « La Knesset d’Israël ne le pleurera pas. Qu’il parte ».

Dimanche, les leaders druzes israéliens – et notamment trois membres de la Knesset – ont porté plainte devant la Haute-cour de justice contre le texte sur l’état-nation juif, disant qu’il s’agissait d’une loi « extrémiste » qui discrimine les minorités du pays.

Les ministres israéliens ont pour leur part tenu à rassurer la communauté druze en affirmant qu’ils étaient précieux au sein de la société israélienne et ils ont proposé une série de mesures pour les apaiser.

La loi sur l’Etat nation, disent ses partisans, place les valeurs juives et démocratiques sur un pied d’égalité. Les critiques ont néanmoins affirmé que la loi discrimine dans les faits les arabes israéliens et les autres minorités communautaires.

Semblables à une constitution, les Lois Fondamentales étayent le système juridique d’Israël et sont plus difficiles à abroger qu’une simple loi.

La loi déclare également que Jérusalem est la capitale d’Israël, établit que le calendrier hébraïque est le calendrier officiel de l’Etat, et reconnaît Yom HaAtsmaout, Yom HaZikaron et les fêtes juives. L’une des clauses de la loi rétrograde la langue arabe de langue officielle et lui octroie un statut « spécial, mais stipule également que « cette clause ne porte pas atteinte au statut de la langue arabe avant l’entrée en vigueur de la loi.

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