La cinquième édition du marathon de Jérusalem aura lieu dans seulement quelques semaines [13 mars]. Parmi tous les participants à la course, il y a un groupe de jeunes personnes handicapées qui vont concourir grâce à un équipement spécialisé et l’aide de 20 policiers israéliens.

Ces jeunes préparant la course des communautés du marathon, longue de 800 mètres, sont des résidents de Aleh, un centre médical et de réadaptation fournissant des soins complets aux enfants et aux jeunes adultes ayant une déficience grave. La plupart d’entre eux ne peuvent pas marcher, cela ne les a pas empêché d’abandonner leurs fauteuils roulants et d’arpenter la route Rupin sous escorte policière.

Depuis plusieurs mois, les policiers de la station Lev Habira de Jérusalem se rendent une fois par semaine à l’immeuble de Aleh, dans le quartier Romema de la capitale, pour aider les résidents à se préparer pour la grande course. La plupart des bénévoles viennent en uniforme, alors que ceux qui viennent pendant leurs jours de congé portent des vêtements civils.

La majorité des 15 pensionnaires participant au marathon, âgés de 3 à 30 ans, bougeront les jambes tout en étant poussés dans leurs déambulateurs (soit un cadre ou soit un déambulateur spécialisé Hart Walker) le long du circuit.

Certains des plus petits enfants utiliseront un appareil connu sous le nom de Upsee, un dispositif de mobilité développé par Debby Elnatan, une Israélienne dont le fils est atteint de paralysie cérébrale.

Le Upsee permet aux enfants ayant une déficience motrice de se tenir debout et de marcher avec l’aide d’un adulte, dans ce cas, avec l’aide d’un agent de police.

Le corps debout de l’enfant est attaché à l’adulte avec un harnais spécial, et son pied au pied de l’adulte avec une double sandale. L’enfant est de face et peut voir où il va en déplaçant ses membres inférieurs en tandem avec l’adulte.

Un officier de police s'entrainant pour le marathon avec l'un des résidents qui utilise un harnais Upsee (Crédit : Autorisation de ALEH Jérusalem)

Un officier de police s’entraînant pour le marathon avec l’un des résidents qui utilise un harnais Upsee (Crédit : Autorisation de ALEH Jérusalem).

Les athlètes et leurs entraîneurs n’ont pas laissé l’hiver froid, pluvieux et même neigeux déranger leurs sessions de formation de deux heures.

Aux beaux jours, ils se sont entraînés à l’air libre, et par mauvais temps, les policiers se sont occupés des enfants en intérieur.

Ce partenariat actif a été initié par Adi Parnasa, une policière de la station Lev Habira dont la sœur, âgée de 30 ans, est une résidente de Aleh.

« Je viens beaucoup ici beaucoup pour divers événements et fêtes. Notre famille est active ici », explique-t-elle au Times of Israel tout en poussant un adolescent en ambulateur sur une colline devant Aleh, lors d’un récent dimanche matin chaud et ensoleillé.

« Je voulais aussi mobiliser pour Aleh mes collègues du commissariat. J’ai pensé à une action qui serait effective sur le long terme », poursuit-elle.

Avec la permission du commandant du commissariat, Parnasa a invité en automne dernier des coordonnateurs bénévoles de Aleh à faire une présentation à ses 80 collègues. Vingt d’entre eux se sont portés volontaires pour aider les pensionnaires à se préparer pour le marathon.

Selon Dov Hirth, qui travaille dans le marketing et le développement pour Aleh, les agents de police ont participé aux deux jours du cours de formation des nouveaux bénévoles de l’organisation.

« Ils ont dû apprendre à soulever les résidents, comment à les sortir de leurs fauteuils roulants et de leurs déambulateurs et à les y remettre, » dit Hirth.

Alors que Parnasa avait l’habitude de visiter Aleh, la plupart de ses collègues n’avaient pas d’expérience dans l’interaction avec des jeunes atteints de paralysie cérébrale, de troubles neurologiques ou génétiques ou autres qui les rendent « non ambulatoires » ou « non verbaux » et avec souvent de profondes déficiences intellectuelles .

« Notre groupe a visité toute l’installation. Les deux premières réunions ont été difficiles. Mes collègues ont d’abord été très choqués », se souvient Parnasa.

Les officiers de police de la station Leb Habira entrainent les jeunes résidents au marathon depuis des mois (Crédit : Autorisation de ALEH Jérusalem)

Les officiers de police de la station Leb Habira entraînent les jeunes résidents au marathon depuis des mois (Crédit : Autorisation de ALEH Jérusalem).

Mais avec le temps, les policiers ont commencé à se sentir plus à l’aise, et chacun a été jumelé avec un des résidents pour la formation au marathon. Dans certains cas, deux agents ont été affectés à un pensionnaire.

« C’est vraiment une idée de rêve, s’enthousiasme Ruti Perry, la physiothérapeute en chef de ALEH. Aujourd’hui, on parle beaucoup de la santé et de la forme physique, et c’est un exemple de ce que nous pouvons faire ici. »

Selon Perry, l’entrainement, ressemblant à un entrainement sportif, des résidents en extérieur apporte un sentiment de normalité à cette activité.

Les résidents d’ALEH quittent le centre dans le cadre de différentes sorties – centres commerciaux, parcs d’attraction… – mais ils restent généralement en fauteuil roulant.

« C’est grâce à la police que ces résidents peuvent sortir avec leur déambulateur et leur Upsee », explique Perry en regardant les enfants monter et descendre la colline.

Les officiers de police et les résidents d'ALEH s'entrainent dans un passage près du centre ALEH à Jérusalem (Crédit : Autorisation ALEH Jérusalem)

Les officiers de police et les résidents d’ALEH s’entraînent dans un passage près du centre ALEH à Jérusalem (Crédit : Autorisation ALEH Jérusalem)

« Pour que les enfants puissent déambuler comme ça, cela demande beaucoup d’effectif. »

Pour les 120 résidents d’ALEH à Jérusalem (l’organisation a deux autres centres à Bnei Brak, Gedera et dans le Néguev) qui peuvent et veulent s’entraîner, l’opportunité de participer au marathon est importante pour eux.

Perry raconte l’histoire d’un petit garçon qui est atteint de plusieurs maladies. Il a subi une chimiothérapie l’année dernière et devra subir une opération à cœur ouvert cette année. Perry explique que ce petit garçon est déterminé à participer au marathon.

L’officier de police Elhanan Maor s’est rendu compte qu’il était difficile de communiquer avec ses partenaires d’entraînement mais trouve que cette expérience est très satisfaisante.

L’officier Hodaya Laviani acquiesce. « Il est important de comprendre qu’il y a des personnes qui ne sont pas dans la même situation que nous, et qu’il est important de faire du volontariat avec eux et d’essayer d’enrichir leur vie. »

Ce projet a commencé sur la base d’un volontariat de court terme pour les officiers de police, mais certains commencent déjà à réfléchir sur une manière de rendre ce volontariat plus régulier.

« J’aimerais vraiment continuer ce bénévolat, si j’ai le temps », affirme Maor.

Selon Perry, la capacité des résidents à marcher avec l’aide des différents appareils ne peut être maintenue uniquement grâce à un entrainement régulier.

Le marathon de Jérusalem n’a lieu qu’une fois l’an, mais avec l’aide du gratin de Jérusalem, ces jeunes handicapés pourraient atteindre la ligne d’arrivée le 13 mars et continuer à courir jusqu’au prochain marathon l’année prochaine.

Les officiers de police de la station Leb Habira de Jérusalem aident les jeunes résidents d'ALEH à 'courir' pour le marathon de Jérusalem avec leur déambulateur (Crédit : Autorisation ALEH Jérusalem)

Les officiers de police de la station Leb Habira de Jérusalem aident les jeunes résidents d’ALEH à ‘courir’ pour le marathon de Jérusalem avec leur déambulateur (Crédit : Autorisation ALEH Jérusalem)