Alors que les négociations de paix entre Palestiniens et Israéliens sont gelées depuis 2014, la semaine dernière, les élèves israéliens et palestiniens d’une école secondaire internationale se sont essayés à la négociation de « l’accord ultime » évoqué par le président américain Donald Trump.

Ces trois derniers mois, les élèves de l’école EMIS (Eastern Mediterranean International Boarding School) de Hakfar Hayarok, au nord de Tel Aviv, ont étudié le conflit et la médiation de paix dans un module spécial à l’université de Tel Aviv.

Mercredi, les cinquante étudiants ont été répartis en trois groupes. Chaque groupe était lui-même constitué d’une délégation palestinienne et d’une délégation israélienne. Ils avaient 24 heures pour parvenir à un accord.

Vingt pour cent des étudiants d’EMISA sont des arabes et des juifs israéliens, 20 % sont des palestiniens et arabes du Moyen-Orient (notamment du Yémen), et les 40 autres nationalités constituent les 60 % restants.

Les étudiants ont été confrontés aux principaux obstacles à la paix, notamment la division de Jérusalem, la réponse à la demande des Palestiniens qui exigent le retour des descendants des réfugiés palestiniens de la guerre d’Indépendance, et le fait qu’Israël désire rester un État juif et démocratique.

En fin de compte, les délégations ont toutes signé un accord de paix, et ont toutes soutenu la solution à 2 États.

Ce programme, sur 3 mois, a été organisé par le Charney Resolution Center, situé dans le campus de l’école EMIS.

Sapir Hendleman a contribué à l’organisation de ce programme et a déjà mis en place des dizaines de simulations de négociations en Israël et à l’étranger. Il raconte que les élèves « ont spontanément parlé de deux États. Ce n’est pas inhabituel ».

Marwa Toame, 16 ans et originaire de Ramallah, étudie à l'Eastern Mediterranean International Boarding School (EMIS) à Kfar Hayarok, et à participé la simulation des négociations de paix, le 2 mars 2017 . (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

Marwa Toame, 16 ans et originaire de Ramallah, étudie à l’Eastern Mediterranean International Boarding School (EMIS) à Kfar Hayarok, et à participé la simulation des négociations de paix, le 2 mars 2017 . (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

Quand on dit à Marwa Toame, 16 ans et originaire de Ramallah que certains experts considèrent que la solution à 2 États est morte, elle répond « si elle est morte, nous la ressusciterons ».

Toame est la fille d’un ministre adjoint de l’Autorité palestinienne. Elle a raconté qu’elle a visité le quartier juif de la Vieille ville de Jérusalem pour comprendre ce que pensent les résidents des Palestiniens. Sur place, une personne a répondu à ses questions par un « Que les Arabes crèvent ».

Et pourtant, continue-t-elle, elle pensait que les Israéliens n’en n’avaient que faire des Palestiniens, et à sa plus grande surprise, ce programme lui permit de changer son opinion.

« Toute ma vie, j’ai entendu que les Israéliens étaient des extrémistes qui haïssent les Palestiniens, et je ne les voyais qu’à travers les soldats avec qui nous avons à faire aux checkpoints. Mais en réalité, j’ai appris que les Israéliens se soucient des Palestiniens, et qu’ils ne veulent pas de tout cela. »

Elle a ajouté qu’elle était heureuse de pouvoir exprimer ouvertement ses opinions sur ce qu’elle considère comme « le conflit le plus compliqué ».

Aya Shmidt, 17 ans, étudie à l'Eastern Mediterranean International Boarding School (EMIS) à Kfar Hayarok, et à participé la simulation des négociations de paix, le 2 mars 2017 . (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

Aya Shmidt, 17 ans, étudie à l’Eastern Mediterranean International Boarding School (EMIS) à Kfar Hayarok, et à participé la simulation des négociations de paix, le 2 mars 2017 . (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

Aya Shmidt, 17 ans, a grandi dans la périphérie de Jérusalem. Elle a salué cette idée de simulations de négociations. Elle assure que cela a permis de passer de la théorie apprise à la pratique.

Dans son groupe, c’est la question de Jérusalem et des frontières qui s’est révélée être la plus décisive.

« Ils en veulent tant – tout ! – et nous voulons le garder », a admis Shmidt, qui représentait Israël dans la simulation.

En ce qui concerne l’accès à Israël pour les réfugiés palestiniens, le groupe de Shmidt a choisi de donner la priorité aux réfugiés de première et de seconde génération. Les Palestiniens et l’ONU considèrent que tous les descendants des Palestiniens qui ont quitté Israël après la guerre de 1948 sont des réfugiés.

La priorité serait également donnée au regroupement familial. Mais Shmidt a ajouté que ceux qui viendraient s’installer en Israël devront abandonner leur nationalité d’origine, « pour prouver qu’ils veulent vraiment être là ».

Khanh, 16 ans et originaire du Vietnam, étudie à l'Eastern Mediterranean International Boarding School (EMIS) à Kfar Hayarok, et à participé la simulation des négociations de paix, le 2 mars 2017 . (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

Khanh, 16 ans et originaire du Vietnam, étudie à l’Eastern Mediterranean International Boarding School (EMIS) à Kfar Hayarok, et à participé la simulation des négociations de paix, le 2 mars 2017 . (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

Khanh, 16 ans et vietnamienne, a assuré que bien qu’elle n’établisse aucun parallèle entre son pays et le conflit israélo-palestinien, les simulations de négociations étaient « mieux que je ne l’aurais imaginé ».

Elle a ajouté que ce qui en est ressorti, c’est que l’idée d’une solution à un seul état n’est pas viable, parce que les Israéliens veulent maintenir un État qui serait à majorité juive et qui soit démocratique.

Elle a également remarqué que les Israéliens et les Palestiniens semblent être bien plus informés au sujet du conflit de leur pays que ne le sont ses compatriotes.

« J’ai l’impression que la plupart des Israéliens et des Palestiniens ont une petite idée de ce qui se passe. Dans mon pays, un pays communiste, les gens n’ont aucune idée de ce qui se passe », dit-elle.