Une réaction de joie – symbole des différences de valeurs flagrantes entre Israël et ses partenaires de négociations, selon le Premier ministre.

« La différence fondamentale qui existe entre nous et nos voisins peut se comprendre à travers une image, » a déclaré Benjamin Netanyahu mardi lors de la septième Conférence annuelle de Galilée qui s’est déroulée à Tibériade.

Cette image, c’est la foule de Palestiniennes qui se rassemblent pour accueillir en héros les prisonniers libérés. Héros, condamnés pour meurtre de civils et militaires israéliens.

« Les meurtriers ne sont pas des héros. »

« Alors que nous nous préparons à de douloureux sacrifices afin de décrocher un accord capable de mettre fin au conflit, ils font la fête, accompagnés de leurs leaders politiques. Les meurtriers ne sont pas des héros. Ce n’est pas comme ça que la paix se gagne, » a voulu souligner le Premier ministre.

Il s’agit en effet de la troisième libération de prisonniers sur les quatre prévues par les négociations de paix arbitrées par les États-Unis. En outre, la Cour suprême israélienne a rejeté la pétition des familles des victimes demandant l’interdiction de les relâcher. Et des centaines de personnes ont marché dans les rues de la capitale pour protester contre cette décision.

À Ramallah, 18 des 26 prisonniers ont été accueillis dans la nuit de lundi à mardi par des milliers de personnes. On pouvait même compter sur la présence du chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, bien que la cérémonie se soit déroulée à une heure tardive.

Celui-ci s’est adressé à la foule rassemblée pour l’avertir qu’il n’y aurait « pas d’accord avec Israël tant que la totalité des prisonniers n’aura pas été libérée. Aujourd’hui, c’est un jour de joie pour notre peuple, nos familles et nos héros prisonniers ».

Tapis rouge sorti pour l’occasion au quartier général de l’Autorité palestinienne de Muqataa, sous le regard de leurs proches – les « héros » déposent des bouquets de fleurs sur la tombe de « leur héros » … Yasser Arafat.

Trois autres ex-prisonniers retournent dans la bande de Gaza par le poste-frontière d’Erez tandis que les cinq autres rentrent à Jérusalem- Est.

Membres des familles des victimes à Jérusalem (Crédit : Hadas Parushl/Flash90)

Membres des familles des victimes à Jérusalem (Crédit : Hadas Parushl/Flash90)

Encourageant l’Autorité palestinienne à mettre fin à « l’incitation à la destruction d’Israël », Netanyahu affirme que la paix ne sera possible que si la sécurité d’Israël, ainsi que ses besoins en logement étaient assurés.

« Nous avons un réel besoin de paix et de sécurité, mais cela ne dépend pas seulement de nous. Cela dépend aussi de nos voisins, » a-t-il conclu.