Une équipe d’enquêteurs argentins aurait déterminé qu’Alberto Nisman, le procureur spécial qui enquêtait sur l’attentat à la bombe contre le centre juif AMIA en 1994 commandité par l’Iran à Buenos Aires, a été assassiné, et qu’il ne s’est pas suicidé comme l’avait affirmé la défense, selon les médias argentins.

Vingt-huit experts de différents domaines, de la balistique à la psychologie, ont déterminé que Nisman a été assassiné d’une balle dans la tête, et que le meurtrier (ou les meurtriers) a ensuite tenté de couvrir leurs traces sur les lieux du crime, selon un article publié jeudi par le site d’information argentin Infobae.

Les responsables argentins n’ont pas confirmé la véracité du rapport, qui a été publié quelques jours à peine après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a effectué la toute première visite d’un Premier ministre israélien en Argentine.

Netanyahu a soulevé la question lors de ses entretiens avec le président argentin Mauricio Macri. Des responsables israéliens ont été informés lundi que l’enquête progressait et qu’ils pouvaient s’attendre à une annonce officielle rapidement. Les responsables de la délégation du Premier ministre ont déclaré que la publication de l’article jeudi n’était qu’une simple coïncidence.

Nisman a été découvert mort dans son appartement en janvier 2015, quelques heures avant qu’il ne doive se rendre à une audience au Congrès. Nisman était sur le point de présenter un rapport contenant des allégations selon lesquelles la présidente Cristina Fernandez de Kirchner avait négocié un accord secret pour couvrir le rôle des responsables iraniens dans l’explosion de l’AMIA. Kirchner a nié ces allégations, et les juges ont rejeté l’affaire.

Le centre communautaire juif de Buenos Aires après l'attentat, au mois de juillet 1994 (Crédit : Cambalachero/Wikimedia commons)

Le centre communautaire juif de Buenos Aires après l’attentat, au mois de juillet 1994 (Crédit : Cambalachero/Wikimedia commons)

Le dossier a été rouvert il y a un an. Macri, qui a remplacé Kirchner, a déclaré qu’il était « déterminé » à résoudre les incertitudes entourant la mort mystérieuse de Nisman.

L’équipe qui a mené l’enquête a relevé qu’il n’y avait que deux empreintes dans la pièce, ce qui est incompatible avec les activités de Nisman ce jour-là, et cela implique que le (ou les) meurtrier(s) ont nettoyé le sol de l’appartement pour couvrir leurs traces, a souligné Infobae.

Les chercheurs ont constaté que la position et l’angle du coup de feu étaient incompatibles avec une blessure auto-infligée, et ils ont trouvé des traces de kétamine, un anesthésique puissant, dans le corps de Nisman, a-t-il ajouté.

En outre, un certain nombre de contusions ont été trouvées sur le corps de Nisman, qui ne correspondent pas à la théorie selon laquelle il s’est suicidé.

Les enquêtes précédentes avaient conclu que Nisman était mort d’une blessure auto-infligée.

Le procureur fédéral Eduardo Taiano devra maintenant décider s’il accepte les nouvelles conclusions des enquêteurs d’ici la mi-octobre.

Des participants brandissent des photos de certaines des 85 victimes lors d'une cérémonie de commémoration de l'attentat à la bombe commis au centre communautaire juif de l'AMIA de Buenos Aires, le 18 juillet 2016 (Crédit : Leonardo Kremenchuzky, autorisation AMIA/Via JTA)

Des participants brandissent des photos de certaines des 85 victimes lors d’une cérémonie de commémoration de l’attentat à la bombe commis au centre communautaire juif de l’AMIA de Buenos Aires, le 18 juillet 2016 (Crédit : Leonardo Kremenchuzky, autorisation AMIA/Via JTA)