Plusieurs protestataires en colère s’en sont pris au Premier ministre Benjamin Netanyahu alors qu’il prenait place sur le podium à la cérémonie en mémoire des Israéliens tombés lors d’attaques terroristes, qui s’est tenue au cimetière du mont Herzl à Jérusalem lundi.

Les individus, manifestement des membres de familles de victimes d’attaques terroristes, tenaient des drapeaux rouges au-dessus de leurs têtes et ont hurlé sur Netanyahu alors qu’il se levait pour faire son discours. Ils ont ensuite quitté la cérémonie en signe de protestation.

Un homme, le visage couvert de larmes, a crié : « Vous libérez les meurtriers qui ont tué nos enfants ».

Les gardes de sécurité se sont approchés de cet homme, qui s’est calmé et a accepté de retourner à son siège où il est resté pendant que le Premier ministre tenait son discours.

Les protestataires contestaient contre une série de libération de prisonniers palestiniens par Israël menée au cours de ces neufs derniers mois en signe de bonne volonté envers les Palestiniens durant les pourparlers de paix.

Les familles endeuillées ont par le passé accusé Netanyahu de refuser de les rencontrer et d’entendre leurs doutes quant à la libération prévue des prisonniers et aux échanges.

« J’ai lu vos lettres », a expliqué Netanyahu aux contestataires, faisant référence aux courriers reçus des opposants à la libération des prisonniers, lui exhortant de ne pas participer à la commémoration.

« Cela [la libération des prisonniers] a été une décision difficile à prendre qui entrait en conflit avec les valeurs de justice. »

« Dans la réalité complexe de notre région, les gouvernements israéliens successifs ont été forcés de prendre sans arrêt de dures décisions », continue-t-il.

« Je savais que je vous verrai, mais en tant que Premier ministre d’Israël je considérai que c’était de ma responsabilité de venir vous rencontrer ici en ce Jour du Souvenir. »

Presque 80 prisonniers ont été libérés au cours de ces neufs derniers mois de négociations avec les Palestiniens, dont bon nombre ont assassiné des Israéliens lors d’attentats il y a vingt ans.

Le problème s’est posé en mars lorsque, avant la quatrième et dernière libération planifiée, les autorités palestiniennes ont exigé que des terroristes israélo-arabes soient relâchés comme condition pour prolonger les pourparlers au-delà de la date butoir du 29 avril.

Israël a refusé d’accéder à cette demande, expliquant qu’elle ne faisait pas partie de l’accord initial avec les Etats-Unis, et les pourparlers se sont interrompus avant même l’échéance du 29 avril.