NEW YORK – Le département sanitaire de la ville de New York a annoncé qu’il ne pouvait pas terminer son enquête sur l’infection de quatre enfants par le virus de l’herpès pendant leur circoncision, car les familles très orthodoxes des garçons ne voulaient pas donner le nom des mohels qui ont pratiqué la cérémonie.

« Malheureusement, certains dans la communauté résistent et ne veulent pas partager le nom des mohels », a déclaré mardi à DNAInfo New York Christopher Miller, porte-parole du département sanitaire. « C’est une communauté très isolée. »

Selon DNAInfo, six familles du quartier de Williamsburg, dans Brooklyn, ont vu leurs enfants contracter l’herpès depuis 2015 par la pratique de la metzitzah bepeh, qui implique que le mohel nettoie la blessure de la circoncision à la bouche. Parmi les six familles, seules deux ont donné le nom de leurs mohels, a indiqué Miller.

En mars, la ville avait ordonné que ces deux mohels arrêtent de réaliser cet acte. Une infection par le virus de l’herpès chez un nouveau-né peut entraîner des dommages cérébraux et même la mort.

Une cérémonie de brit milah, la circoncision rituelle. Illustration. (Crédit : Cheskel Dovid/CC BY 3.0/Wikimedia Commons)

Une cérémonie de brit milah, la circoncision rituelle. Illustration. (Crédit : Cheskel Dovid/CC BY 3.0/Wikimedia Commons)

Le rabbin David Niederman, qui dirige United Jewish Organizations of Williamsburg and North Brooklyn, a dit à DNAInfo que la communauté « coopère pleinement » à l’enquête. Cependant, une source anonyme a indiqué que la communauté était sceptique sur les accusations contre les deux mohels cités, parce qu’elle pense que la ville veut interdire toutes les metzitzah bepeh.

« C’est pour ça que nous ne dénonçons pas les mohels. Nous savons que la ville va les interdire sans leur accorder un procès juste, a affirmé la source. Il n’y a aucune preuve qu’ils aient vraiment infecté les bébés. »

La coutume, très peu pratiquée en dehors de la communauté ultra-orthodoxe, est devenu un enjeu politique à New York, qui compte une importante population haredi.

En février 2015, la ville avait supprimé un formulaire de consentement parental qui avait été imposé par l’ancien maire, Michael Bloomberg. En échange, la communauté avait promis de tester un mohel quand un bébé contractait l’herpès.

Le Dr Mary Travis Bassett, responsable de la politique sanitaire de la ville, a déclaré que son département considérait la metzitzah bepeh comme une « pratique non sure », mais qu’en tant que pratique religieuse, elle était légalement protégée.