Matrix Global a été créé il y a dix ans. La société propose des services offshore et nearshore à des entreprises en Israël et en Europe de l’Est, et ce à des prix concurrentiels comparables à ceux de l’Inde ou la Chine. La raison en est très simple : la société emploie un nombre substantiel de femmes ultra-orthodoxes dans sa division informatique, rapporte Haaretz.

900 femmes pieuses occupent des fonctions de programmeurs et fournissent ainsi des services technologiques à des entreprises comme Nice Systems, Kenshoo, Teva, eBay, EMC et Texas Instruments, ainsi que des organismes gouvernementaux et des institutions financières.

Matrix Global est située à Modiin Ilit, à moins d’une heure de route de Tel-Aviv et à proximité de Jérusalem. Dans le centre commercial où se trouvent les bureaux de la société, on retrouve de nombreuses chaînes de magasins propres à l’univers ultra-orthodoxe.

De l’autre côté de la route, il y a un jardin d’enfants avec des bambins qui courent autour pendant que leurs mères tapent des lignes de code pour des entreprises internationales à la pointe de l’innovation.

L’après-midi, les pères vont chercher les élèves de maternelle alors que leurs épouses continuent de travailler.

Le taux de natalité à Modiin Illit est très élevé : on compte environ 50 naissances en moyenne chaque semaine – soit plus de 2500 nouveaux-nés par an.

Suite à la création du centre Matrix Global à Modiin Ilit, d’autres centres ont été créés à travers le pays – principalement à proximité des lieux de vie haredi et souvent plus proche des entreprises pour lesquelles les projets sont réalisés.

En 2006, un centre d’appels qui emploie environ 100 personnes a été mis en place à Beit Shemesh. En 2010, Matrix Global a ouvert des bureaux à Petah Tikva et à Haïfa. Un centre a été ouvert à Tel-Aviv en 2012, et un an plus tard, un autre a suivi à Jérusalem. Dans le nord d’Israël, Matrix Global emploie également une cinquantaine de femmes druzes.

Il y a dix ans, lorsque Matrix Global a démarré son activité sous le nom de Talpiot, la société a été un pionnier dans l’intégration sur le marché de l’emploi des juifs ultra-orthodoxes en général – et des femmes ultra-orthodoxes en particulier.

De nos jours, il est fréquent de voir des employés ultra-orthodoxes dans les bureaux de sociétés du secteur high-tech et l’on rencontre de plus en plus de haredim à des conférences et des événements consacrés à l’univers des start-ups.

Au fil des ans, Global Matrix a été l’objet de nombreuses critiques affirmant que la société exploiterait les femmes ultra-orthodoxes rémunérées seulement aux deux-tiers (parfois moins) des salaires habituels du secteur.

Global Matrix utiliserait ainsi l’impossibilité des femmes ultra-orthodoxes de travailler en dehors de la communauté haredi.

Global Matrix justifie la faible rémunération en arguant que l’entreprise embauche des travailleurs inexpérimentés, investit dans leur formation et aménage des journées de travail plus courtes que ce qui ce fait habituellement dans l’industrie.

En outre, Global Matrix souligne qu’il encourage ses travailleurs à accepter des emplois à l’extérieur et ainsi gagner plus d’argent.

Une autre critique concernant les faibles rémunérations provient du fait que Global Matrix reçoit une subvention du gouvernement, d’environ 1 000 shekels par mois pour chaque femme qu’il emploie.

La condition de ce soutien gouvernemental consistant en une augmentation constante de la main-d’œuvre.

Mais chez Global Matrix, on explique que, sans le financement du gouvernement, la société ne serait pas en mesure d’offrir des tarifs compétitifs par rapport à d’autres pays en Asie, en Europe de l’Est ou en Amérique latine.