Une prière et une lecture de Torah organisée au mur Occidental par l’association des Femmes du mur originales (OWOW, Original Women of the Wall) lundi matin a testé une récente ordonnance provisoire de la Haute cour, et a obtenu des résultats mitigés.

Après le jugement intermédiaire du 11 janvier de la Haute cour, qui demandait l’arrêt immédiat des « fouilles corporelles » des femmes au-delà des mesures de sécurité normales, plusieurs membres d’OWOW ont été fouillées pour trouver des rouleaux de Torah dits de « contrebande ».

Shulamite Magnes, fondatrice des Femmes du mur et de l’association dissidente des Femmes du mur originales, a tenté de passer la sécurité de l’entrée de la place du mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem en transportant ouvertement un rouleau de Torah prêté par « une importante personne privée ».

Magnes a ensuite déclaré au Times of Israël qu’elle avait fondé sa décision sur des passages de la décision, à la formulation vague, qui traitait plusieurs sujets touchants la prière féminine au mur Occidental, et pouvait être interprêtée comme une volonté de la cour de permettre aux femmes de prier « selon leurs coutumes », c’est-à-dire, avec un rouleau de Torah.

Mème si elle a brandi la récente ordonnance, un responsable de la sécurité a dit à Magnes qu’il s’agissait d’une « régulation différente » de celle du directeur de la Fondation du patrimoine du mur Occidental, le rabbin Shmuel Rabinowitz, qui lui interdit d’apporter un rouleau de Torah.

Les Femmes du mur originales lisent la Torah au mur Occidental, le 23 janvier 2017. (Crédit : Alden Solovy)

Les Femmes du mur originales lisent la Torah au mur Occidental, le 23 janvier 2017. (Crédit : Alden Solovy)

Il y a 14 mois, OWOW a demandé à la Haute cour, par la voie du Dr Susan Weiss et du Centre de la justice pour les femmes, de revenir sur une directive publiée en 2010 par Rabinowitz, qui interdit aux visiteurs du mur Occidental d’apporter un rouleau de Torah.

La récente réponse de la cour a accordé 30 jours à Rabinowitz et au bureau du procureur de l’Etat pour fournir une « bonne raison » expliquant pourquoi les femmes ne pouvaient pas prier avec une Torah au mur Occidental, ou l’autoriser.

La décision du 11 janvier a également mis en lumière l’acceptation de Rabinowitz des femmes portant des tefillins [phylactères] et des taliths [châles de prière], fondée sur une affaire précédente devant la Haute cour par des associations de prières féminines.

Cependant, lundi matin, comme expliqué sur la page Facebook de l’association, des membres de la sécurité en uniforme ont demandé à plusieurs membres d’OWOW d’ouvrir leur manteau, ce que Magnes a appelé du « harcèlement », et une « violation explicite de l’ordonnance de la cour ». Magnes n’a pas eu le droit d’emporter son rouleau.

Les 40 femmes qui se sont retrouvées dans la section des femmes du mur Occidental ont finalement lu un « mini » rouleau de Torah entré en contrebande. Magnes a déclaré que bien qu’elle ait « le sentiment que nous sommes sur de bonnes bases pour y aller ouvertement » avec un rouleau de Torah d’une taille normale, elle avait « anticipé » les objections des gardes.

Pendant la prière du groupe, une poignée de femmes ultra-orthodoxes ont protesté par des sifflements bruyants, des coups de poing sur des tables, et en s’enveloppant dans des bannières annonçant leur intention de rester au mur Occidental.

Des femmes ultra-orthodoxes protestent contre la lecture de la Torah par les Femmes du mur originales au mur Occidental, le 23 janvier 2017. (Crédit : Alden Solovy)

Des femmes ultra-orthodoxes protestent contre la lecture de la Torah par les Femmes du mur originales au mur Occidental, le 23 janvier 2017. (Crédit : Alden Solovy)

OWOW compte continuer ses réunions de prière organisées toutes les trois semaines au mur Occidental.

« Nous y allons régulièrement, mais les droits ne sont réels que quand vous les utilisez », a déclaré Magnes.

Les Femmes du mur originales ont rompu avec l’association plus connue des Femmes du mur pendant les négociations sur le compromis du mur Occidental, une décision gouvernementale de construire un pavillon de prière pluraliste dans le parc archéologique de l’Arche de Robinson.

Bien que composées de membres se reconnaissant dans tous les courants du judaïsme, la position d’OWOW est que le compromis ne permet pas l’expression religieuse totale de chaque juif, qui devrait avoir le droit de prier sur la place du mur Occidental selon son habitude. Les groupes de prières féminines sont l’une des nombreuses coutumes existant sur le site, affirment-elles.

« Nous voulons que ce soit une option normale, a déclaré Magnes. Il y a beaucoup de coutumes au Kotel [le mur Occidental], et c’en est une. Nous, les femmes, devrions avoir le choix, comme les hommes l’ont depuis 1967. »

Cheryl Birkner Mack, l'une des fondatrices des Femmes du mur originales, au mur Occidental, le 23 janvier 2017. (Crédit : Alden Solovy)

Cheryl Birkner Mack, l’une des fondatrices des Femmes du mur originales, au mur Occidental, le 23 janvier 2017. (Crédit : Alden Solovy)

Alden Solovy, l’un des rares membres masculins actifs de l’association, a déjà été frappé pour avoir donné un rouleau de Torah à Charlie Kalech en le faisant passer de la section des hommes à celle des femmes. La prière de lundi, a-t-il déclaré, s’est déroulée normalement, sans incident, et « était belle à voir, avec beaucoup de kavana [intention] et de joie. »

Solovy a déclaré qu’il assistait aux réunions de prières d’OWOW pour « soutenir le droit des femmes à prier au Kotel en tant que groupe de juives engagées, quelle que soit leur affiliation. »

« J’ai des filles », a-t-il déclaré, avant de marquer une pause. « Mais personne ne devrait pouvoir dire à un autre juif où et quand il devrait prier. »