Des groupes juifs américains ont critiqué un projet de loi à la Knesset qui vise à ne reconnaître que les conversions effectuées sous l’égide du grand-rabbinat, géré par les ultra-orthodoxes.

Le rabbin Rick Jacobs, président de l’Union pour le Judaïsme réformé, a appelé le gouvernement israélien a rejeter ce projet de loi, qu’il décrit comme « une mesure qui érode davantage les droits des juifs non-orthodoxes en Israël et qui crée un monopole de la religion confié au rabbinat du gouvernement. »

« C’est une insulte franche au judaïsme du monde, et ce projet menace l’unité du peuple juif », a-t-il déclaré dans un communiqué.

La mesure, qui a été soumise au début du mois par le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe Shas, semble chercher à entraver la décision de la Cour suprême de mars 2016 qui permet aux personnes qui ont effectué une conversion orthodoxe privée en Israël d’être éligible à la Loi du Retour. Les partis ultra-orthodoxes avaient promis qu’ils présenteraient un projet de loi qui neutraliserait cette décision.

Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur et chef du parti Shas, durant une conférence El Hamaayan à l'occasion de Pessah, au Teddy Stadium de Jérusalem, le 13 avril 2017. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur et chef du parti Shas, durant une conférence El Hamaayan à l’occasion de Pessah, au Teddy Stadium de Jérusalem, le 13 avril 2017. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Après la décision de 2016, les mouvements réformés et conservateurs en Israël ont demandé à la Cour la même reconnaissance de leurs conversions privées. La déclaration de Jacob a été diffusée le jour de l’audience qui a conduit à cette décision.

Seuls ceux qui ont été convertis par les mouvements réformés et conservateurs à l’étranger sont considérés juifs et donc éligibles à l’immigration en Israël. Le projet de loi annulerait également les conversions de l’organisation orthodoxe privée Giyur Ka’halcha créée il y a deux ans pour aider les juifs de l’Union soviétique à immigrer en Israël. Ils se définissaient comme juifs mais ne pouvaient pas se marier via le rabbinat.

Jacob a ajouté que « le projet de loi de Deri a le mérite d’être honnête. Il estime que seules les autorités orthodoxes religieuses devraient être reconnues par l’État d’Israël, donc ce projet établit clairement que les juifs non-orthodoxes en Israël sont considérés comme des citoyens de seconde zone, et que les juifs non-orthodoxes du monde entier ne seront réellement les bienvenus en Israël que s’ils ne se soumettent au monopole de l’orthodoxie. »

Rabbi Rick Jacobs. (photo credit: Clark Jones, Courtesy the Union for Reform Judaism)

Le rabbin Rick Jacobs lors de sa nomination à la tête du mouvement réformé, en 2012. (Crédit : Clark Jones/ Union pour un judaïsme réformé)

La Coalition pour l’Égalité juive religieuse (J-REC) a également diffusé un communiqué condamnant le projet de loi.

« L’adoption de ce projet discriminatoire constituerait un pas en arrière dans l’égalité juive religieuse dans l’État juif », a déclaré Dov Zakheim, président de J-REC dans un communiqué.

« Israël a besoin de mesures supplémentaires pour assurer que toutes les expressions du judaïsme, et pas seulement celles que le grand-rabbinat juge acceptables, soient traitées avec dignité et respect, et que le chemin vers la citoyenneté israélienne soit ouvert à ceux qui se convertissent autrement que par le grand-rabbinat. »

J-REC, créé il y a trois ans par l’American Jewish Committee, est une coalition représentative des juifs américains, israéliens et des organisations juives qui œuvrent en faveur d’une égalité religieuse en Israël.