Contrairement à une affirmation du secrétaire d’État américain John Kerry, la liste des 15 traités et conventions auprès desquels le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déposé une candidature mardi contient des groupes affiliés aux Nations unies.

Lors d’une cérémonie télévisée mardi soir, Abbas a signé des documents pour participer à la Convention des Nations unies contre la corruption, la Convention de Vienne sur le droit des traités, la Convention internationale sur la suppression et la punition du crime d’apartheid, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et d’autres traités onusiens.

Il a précisé qu’il prévoyait que l’adhésion serait obtenue sans difficulté.

Mercredi matin, le ministre des Affaires étrangères de l’AP RIyad al-Maliki a remis les lettres au coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen Orient Robert Serry et à des représentants suisses et hollandais.

« Ces traités et conventions aideront à protéger et promouvoir les droits fondamentaux du peuple palestinien et permettront à l’État de Palestine de devenir un acteur responsable sur la scène internationale », a déclaré Ashraf Khatib, un conseiller en communication au sein du département des négociations de l’OLP.

« Ces traités sont essentiels à la construction institutionnelle palestinienne, à la bonne gouvernance et au respect des droits de l’homme qui sont autant d’éléments à la base d’un État de Palestine indépendant et souverain. La Palestine poursuivra le chemin de la non-violence, diplomatie comprise, d’une manière qui servira les meilleurs intérêts de son peuple et de la cause d’une paix juste. »

Mardi, lors d’une conférence de presse, Kerry avait soutenu qu’aucune des 15 agences auprès desquelles Abbas devait déposer une candidature n’était affiliée à l’ONU. Kerry répondait aux commentaires affirmant que la décision d’Abbas violait les accords passés avec Israël et les Etats-Unis en juillet dernier lors de la reprise des négociations.

Les 15 traités et conventions visés par l’AP « sont essentiellement des accords mineurs », selon Grant Rumley, professeur invité à Mitvim, l’institut israélien de politique étrangère régionale, où il est spécialisé dans les stratégies de négociations palestiniennes.

« Les droits de l’enfant, les droits des femmes, la Convention de Vienne sur les traités, le 4ème Convention de Genève, etc. Tous ces textes semblent destinés à faire pression sur Israël sur le front de la construction dans les implantations, mais ils ne sont certainement pas des ‘armes ultimes’ pour le processus de paix, comme l’est la CPI [Cour Pénale Internationale]. »

Mardi, Ashraf a affirmé que les Palestiniens ne comptaient pas quitter les négociations avant la fin du délai en avril. « L’OLP est impliqué dans les négociations jusqu’au 29 avril, comme convenu », a affirmé Ashraf.