Pour la troisième fois en une semaine, des oliviers plantés dans le nord de la Cisjordanie ont été arrachés par des Israéliens venus d’implantations voisines, a fait savoir vendredi le groupe de défense des droits de l’Homme Yesh Din.

Douze oliviers appartenant à des agriculteurs du village palestinien de Kalil, au sud de l’implantation de Har Bracha, dans le nord de la Cisjordanie, ont été trouvés déracinés, a fait savoir l’ONG dans un communiqué.

Les forces de sécurité israéliennes, arrivées sur les lieux peu de temps après, et les villageois palestiniens ont porté officiellement plainte auprès de la police israélienne, a ajouté Yesh Din.

Mercredi dernier, 27 oliviers du village palestinien de Burin, au sud de Naplouse, avaient été arrachés par des Israéliens d’une implantation voisine, et 43 oliviers avaient déjà été arrachés par des habitants d’implantations le vendredi précédent, selon les habitants de cette bourgade.

Des photos avaient montré des graffitis peints à la bombe sur plusieurs arbres avec le mot hébreu « administratif », en référence à la recrudescence de décrets administratifs du ministère de la Défense à l’encontre de plusieurs dizaines de jeunes d’extrême-droite ces derniers mois.

Le ministère de la Défense, sur les conseils du service de sécurité du Shin Bet et de la police israélienne, a signé 30 nouveaux décrets administratifs le mois dernier.

Des habitants d'implantations israéliennes pris en photo en train d'arracher des oliviers à proximité du village de Kalil, le 15 septembre 2017 (Autorisation : Courtesy: Yesh Din)

Des habitants d’implantations israéliennes pris en photo en train d’arracher des oliviers à proximité du village de Kalil, le 15 septembre 2017 (Autorisation : Courtesy: Yesh Din)

Ces interdictions de pénétrer en Cisjordanie, de contacter des individus, ou des assignations à domicile pendant la nuit sont des alternatives à la détention. Le Shin Bet affirme que ces décrets ont substantiellement aidé à diminuer le nombre de crimes de haine, notamment des attaques dites « Prix à payer » – les crimes menés en représailles aux politiques israéliennes considérées comme défavorables aux partisans radicaux du mouvement des implantations.

Les décrets administratifs contre des Israéliens ont majoritairement visé les militants d’un groupe appelé les « Jeunes des Collines » – des jeunes qui emménagent dans des avant-postes, résistent aux tentatives des militaires de les évacuer et qui sont connus pour commettre des attaques de haine ou « prix à payer ».

Les jeunes visés affirment pour leur part que leurs droits sont piétinés, dans la mesure où ils n’ont pas été soumis à des procédures normales.

Quatre des jeunes militants d’extrême-droite arrêtés le mois dernier pour avoir violé délibérément leurs ordonnances administratives appellent les autres à faire la même chose, risquant ainsi des peines de prison.