Un panel d’officiers supérieurs de Tsahal estime qu’un calme durable dans la bande de Gaza passe par une levée partielle du blocus, combinée à des mesures visant à accroître la liberté de circulation et à remédier à la situation économique désastreuse de la région côtière, a rapporté le quotidien Haaretz mercredi.

Les officiers auraient fait ces déclarations dans une récente réunion d’information avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon. Les commentaires ont été prononcés à l’occasion de l’année du conflit de 50 jours entre Israël et le Hamas.

Selon les recommandations des dirigeants, Israël devrait permettre à des milliers de résidents de la bande de Gaza de traverser son territoire et d’entrer en Jordanie via le pont Allenby en Cisjordanie.

Le panel d’officiers a également suggéré la réouverture du poste-frontière de Karni, près du kibboutz Nahal Oz – fermé ces quatre dernières années – afin de faciliter le transfert de biens et de matériel, avec une expansion du point de passage Kerem Shalom, au sud de la bande.

Parallèlement, une autre source de Tsahal a averti que le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, a presque totalement reconstitué son stock de missiles de courte portée, appauvri pendant le conflit de l’été dernier, et creuse de nouveaux tunnels d’attaque vers Israël. Pourtant, il ne souhaiterait pas pour le moment une nouvelle confrontation.

L’Egypte partage également une frontière terrestre avec la bande de Gaza à Rafah, qui par le passé avait permis aux résidents de quitter la bande, mais reste fermée la plupart du temps en raison d’une grande méfiance entre le Caire et les dirigeants du Hamas.

Des milliers de chômeurs gazaouis devraient également recevoir des permis pour travailler dans les communautés juives agricoles à proximité de la bande côtière, selon le panel.

Gaza souffre d’un taux de chômage de 40 %. Des milliers de maisons détruites ou partiellement endommagées dans les combats sont toujours en attente de rénovation, tandis que le Hamas détourne des matériaux de construction pour un usage offensif.

Même si Yaalon approuvait ces propositions, de tels changements de politique exigent l’autorisation du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du cabinet de sécurité.

Depuis la fin du conflit de l’année dernière, plus de 70 000 habitants de Gaza sont entrés en Israël via le passage d’Erez, alors que 550-600 camions chargés de marchandises et de matériaux passent tous les jours dans la bande de Gaza via Kerem Shalom. Le panel de Tsahal préconise une augmentation substantielle de ces chiffres, afin de réhabiliter la bande et de favoriser une paix axée sur l’économie.

En échange, notent les officiers, Israël pourrait alléger la pression internationale croissante visant à abroger le blocus.

« Il y a une corrélation directe entre les questions économiques et démographiques à Gaza et la situation sécuritaire », a déclaré un haut officier de Tsahal du panel.

« Tant que les problèmes économiques de Gaza restent non résolus, il subsiste une probabilité pour une nouvelle série de combats, quel que soit le niveau de dissuasion que nous avons atteint avec le précédent conflit », a-t-il poursuivi.

Dans cette optique, pointent les membres du panel, un an après le conflit, le Hamas ne peut se vanter que d’un faible succès, n’a pas grand chose à afficher, et est politiquement isolé sur la scène internationale.

Pourtant, malgré sa position diminuée, une source de Tsahal a déclaré à la radio militaire mardi que le groupe se réarme et partage une manifeste convergence d’intérêts avec l’Etat islamique – un élément repris mardi par Yaalon, qui a affirmé que les membres du Hamas « coopèrent » avec la filiale de l’EI dans le Sinaï.

« Le Hamas construit de nouveaux tunnels [d’attaque en Israël], mais ne reconstruit pas ceux [qui ont été détruits]. Nous ne connaissons pas l’existence de tunnels sur notre territoire« , a dit la source. « L’opération [Bordure protectrice] a créé un important effet dissuasif. D’autres [groupes dissidents dans la bande] ont empêché et empêchent le Hamas d’agir. »