Les photos satellites israéliennes publiées jeudi semblent renforcer un reportage de la BBC, diffusé il y a une semaine, selon lequel l’Iran construit une base militaire permanente en Syrie, à seulement 50 kilomètres de la frontière nord d’Israël.

Les images d’ImageSat International (ISI), publiées par Hadashot (ancienne Deuxième chaîne), montrent que des travaux de rénovation et de modification ont récemment été entrepris sur le site d’Al-Kiswah, à 13 kilomètres au sud de Damas, la capitale syrienne.

Elles suggèrent également que l’un des nouveaux bâtiments est une mosquée. Si cette suspicion s’avère exacte, selon l’unité de renseignement de l’ISI, cela indique probablement la présence d’Iraniens ou d’autres musulmans étrangers.

L’ISI a cependant souligné que la supposition que le site était utilisé par les Iraniens était tirée des reportages des médias étrangers, et que les images à elles seules ne prouvaient aucune présence iranienne.

Une telle présence avait été annoncée par la BBC en début de semaine.

Une image d’ImageSat International de la présumée base iranienne située à 50 km de la frontière syro-israélienne qui suggère que des changements ont été apportés. le 16 novembre 2017 (Crédit : Capture d’écran des informations de Hadashot)

Vendredi, la BBC a cité un responsable des renseignements occidentaux qui a estimé que la série de photos satellite commandée confirmait que l’Iran construisait une base militaire permanente à El-Kiswah.

Les images diffusées par la BBC ont montré « deux douzaines de grands bâtiments de petite hauteur, susceptibles d’accueillir des soldats et des véhicules ».

Pris sur plusieurs mois, les images ont révélé des bâtiments supplémentaires en cours de construction. Cependant, le reportage a précisé qu’ « il est impossible de vérifier de manière indépendante l’objectif du site et la présence de l’armée iranienne. »

« Les images de la base ne révèlent aucun signe d’armes volumineuses ou non conventionnelles, ce qui signifie que si c’était une base, elle abriterait des soldats et des véhicules », a déclaré la BBC, citant une source qui a déclaré qu’il était possible que Les responsables militaires aient peut-être visité l’enceinte au cours des dernières semaines.

En outre, le reportage indique qu’une analyse indépendante des images commandées par la BBC a conclu que l’installation est de nature militaire. L’analyse a également suggéré qu’il existe une série de garages pouvant contenir six à huit véhicules chacun.

L’image d’ImageSat International de la présumée base iranienne située à 50 km de la frontière syro-israélienne (Crédit : Capture d’écran des informations de Hadashot)

Israël considère depuis longtemps l’Iran comme son ennemi numéro un. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est vivement opposé à l’accord nucléaire iranien de 2015, affirmant qu’il ne va pas assez loin pour empêcher Téhéran d’obtenir une arme nucléaire.

Israël, avec les États musulmans sunnites de la région, a observé avec une inquiétude croissante l’expansionnisme iranien au Moyen-Orient en Irak, en Syrie – avec le soutien de la Russie – et des groupes soutenus par l’Iran comme le Hezbollah au Liban, le Hamas dans la bande de Gaza et les Houthis au Yémen.

Il y a deux jours, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré qu’un accord récemment signé précisant les termes d’un cessez-le-feu en Syrie n’incluait pas un engagement russe pour s’assurer que les milices liées à l’Iran se retireraient du pays.

Il a ajouté que l’Iran maintenait une présence « légitime » en Syrie, selon l’agence de presse Interfax.

La déclaration a été faite alors que des représentants du Conseil de sécurité national américain se rendaient en Israël pour participer à une série d’entretiens avec des responsables de la sécurité, principalement au sujet de l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils devraient également aborder la construction alléguée par l’Iran de la base militaire d’al-Kiswah.

Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé qu’Israël n’était pas lié par l’accord, ce qui éloignerait quelque peu les groupes soutenus par l’Iran de la frontière avec Israël. L’accord, annoncé samedi dans un communiqué conjoint américano-russe, affirme un appel à « la réduction et l’élimination définitive » des combattants étrangers dans le sud de la Syrie.

Selon les médias, l’accord s’applique également aux groupes soutenus par les Iraniens qui se battent au nom du régime d’Assad, qui seraient tenus de quitter la zone frontalière et éventuellement la Syrie.

Mais selon un responsable israélien, qui a souhaité garder l’anonymat, en vertu de l’accord, les milices associées à l’Iran seraient autorisées à maintenir des positions de cinq à sept kilomètres de la frontière dans certaines régions, a indiqué Reuters.