Un groupe d’Israéliens, y compris la mère de Daniel Tragerman, un garçon israélien de 4 ans tué par les tirs d’obus de mortier venant de Gaza, a témoigné mercredi devant la commission des Nations Unies basée à Geneve qui enquête si des crimes de guerre ont été commis pendant la guerre de Gaza l’an dernier

Les Israéliens ont l’intention de donner le côté israélien de l’histoire du conflit de 50 jours avec le Hamas, pour contrebalancer ce que devrait être un compte-rendu très critique d’Israël.

Israël ne coopère pas formellement avec ce qu’il considère etre un forum biaisé.

Les enquêteurs ont déclaré mardi qu’il sollicitent le témoignage d’Israéliens qui ont été touchés par des tirs de roquettes et autres attaques de terroristes palestiniens.

Gila Tragerman, mère de Daniel un garçon de quatre ans qui a été tué dans sa maison au kibboutz Nahal Oz dans les derniers jours de conflit, avait témoigné plus tôt devant la commission de l’ONU par Skype.

« Je leur ai dit que le Hamas avait tiré depuis l’interieur de zones peuplées [de Gaza] sachant parfaitement que l’armée israélienne n’allait pas les bombarder. Et ils n’avaient pas tort. Effectivement l’armée israélienne ne les a pas bombardés. Pourquoi ? Parce que nous ne nous en prenons pas à des civils innocents, a-t-elle dit jeudi dans une interview au quotidien Yedioth Ahronoth.

« Je leur ai dit que nous étions aussi des réfugiés pendant la guerre ».

Le bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères ont donné leur feu vert pour la délégation officieuse, qui a été créée par l’Association internationale des avocats et juristes juifs (IAJLJ), mais leur a fait savoir qu’ils parlaient comme de simples citoyens israéliens et non en tant que représentants de l’Etat.

Officiellement, le gouvernement israélien a refusé de coopérer avec l’enquête, disant cette semaine que toute tentative d’influencer l’opinion des commissaires était « futile. »

La demande de la commission pour des témoignages d’Israéliens est simplement une tentative pour cacher son parti pris anti-Israël, a déclaré un haut fonctionnaire.

Les fonctionnaires avaient plus tôt qualifié l’enquête de « tribunal fantoche » dont les conclusions sont « connues d’avance ».

La délégation israélienne à Genève comprend des représentants de villes du sud d’Israël, y compris les kibboutzim de Nirim, Kerem Shalom et Kfar Aza.

La procureure Irit Kahan, présidente de l’IAJLJ, a expliqué au quotidien Haaretz son choix de témoigner devant la commission.

« Nous avons décidé d’envoyer une délégation pour parler, principalement, des aspects traumatiques et financièrs de l’opération. Nous ne sommes pas naïfs. Je ne suis pas sûre que cela va avoir un effet, mais je suis sûre que la commission ne pourra pas dire, ‘Nous n’avons pas entendu. Nous n’avons pas vu ».

Haim Yellin, directeur du Conseil régional Eshkol, a déclaré qu’il voulait évoquer devant les enquêteurs les 15 dernières années de la vie quotidienne dans le sud d’Israël.

« Ils ne vont pas me faire taire. [Je vais leur parler] du premier obus de mortier à Nahal Oz [jusqu’aux] roquettes Qassam sur Sderot, » a-t-il dit.

Et d’ajouter : « Je vais parler pour ceux qui ne peuvent plus le faire ».

On sentait aussi une certaine appréhension avant les témoignages.

« Je ne sais pas si nous serons en mesure de faire passer le message », a déclaré Roni Kissin, secrétaire du kibboutz Kerem Shalom.

« Cette peur de ne pas aller dans certaines zones du kibboutz parce qu’il y a un risque élevé que des obus [atterrissent] là-bas. Et [dans les zones où vous savez] qu’il y a un tunnel, vous regardez d’un côté à l’autre, à la recherche de – et imaginant – des gens là-bas », dit-elle.

Il y avait aussi un soupir de soulagement collectif et une petite quantité d’optimisme une fois la tâche terminée, alors que la plupart des membres de la délégation israélienne ont estimé qu’ils avaient été entendus.

« Ils n’ont pas demandé quoi que ce soit, ils m’ont laissé parler tout le temps », a déclaré Gadi Yarkoni, qui a perdu ses deux pieds dans une attaque au mortier dans le kibboutz Nirim le dernier jour de la guerre. « Je leur ai parlé des enfants qui avaient peur des tunnels et des roquettes. Je leur ai dit que je pensais qu’ils seraient objectifs », a-t-il dit.

L’enquête de l’ONU, commandée par le Conseil des Droits de l’Homme et présidée par le professeur canadien de droit international William Schabas, accepte des témoignages écrits jusqu’au 31 janvier.