Un groupe de jeunes Palestiniens de Jérusalem-Est ont essayé de forcer le barrage formé par la police autour du mont du Temple vendredi alors que les prières traditionnelles de vendredi touchaient à leur fin sur le site saint.

Les prières se sont déroulées dans le calme et la tentative de pénétrer sur le site par l’entrée de Majlis a été repoussée par la police qui a utilisé des méthodes antiémeutes. Dans l’ensemble, la situation à Jérusalem vendredi est plutôt calme, contrairement aux attentes de la police. Cela est peut-être partiellement dû aux fortes pluies qui tombent par intermittence sur la capitale.

L’accès au site est limité aux hommes de plus de 50 ans et aux femmes pour empêcher une escalade de la violence après la tentative d’assassinat de Yehuda Glick, un défenseur éminent du droit à la prière juive sur le mont du Temple et à l’élimination, consécutive à cette tentative, d’un résident du quartier mixte d’Abu Tor. Il était un militant djihadiste qui a été emprisonné dans les prisons israéliennes pendant plus de 10 ans.

Alors que la police et les manifestants se faisaient face, des feux d’artifice ont été tirés sur la police à partir d’un toit de la Vieille Ville.

Le ministre de la Sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch, et les hauts fonctionnaires de la police étaient présents au mont du Temple et à l’esplanade du Mur occidental pendant la durée des prières de vendredi pour superviser la réponse de la police à toutes formes de violence.

À Qalandiya, la prière a été suivie d’affrontements entre environ 300 Palestiniens et des policiers israéliens au check-point entre Jérusalem et la Cisjordanie sur la route de Ramallah, ont indiqué les forces de sécurité palestiniennes.

Une dizaine de Palestiniens ont été blessés, dont un par balles, ont indiqué les secours palestiniens. Des jets de pierres ont aussi été rapportés contre des gardes-frontières israéliens dans le quartier de Wadi Joz à Jérusalem, a indiqué la police israélienne.

Les Palestiniens étaient appelés de toutes parts à mettre à profit les rassemblements de la prière pour manifester contre les agissements israéliens sur le mont du Temple, où se trouve la mosquée Al-Aqsa.

Des émeutiers se sont aussi réunis dans le quartier de Wadi Joz à Jérusalem-Est et ont jeté des pierres sur la police. Ils ont été dispersés grâce à l’utilisation de méthodes antiémeutes.

Ce fut « une journée noire » et « une catastrophe », a déclaré le cheikh Azzam al-Khatib dans son prêche à Al-Aqsa.

Quelques milliers de fidèles ont pu venir l’écouter car les abords du site avaient été placés sous haute surveillance.

Des centaines de policiers ont pris position dans toutes les ruelles étroites de la citadelle, connue habituellement pour l’agitation de ses échoppes mais désertée vendredi par les touristes et les clients.

Des policiers, certains lourdement armés, contrôlaient tout le monde avec pour instruction de ne pas laisser passer les hommes de moins de 50 ans.

Du coup, 9 000 fidèles ont prié dans les rues autour de la Vieille Ville, selon la police israélienne. Des averses intenses ont peut-être aussi rafraîchi les ardeurs à Jérusalem-Est et ailleurs.

A Ramallah, devant le président palestinien Mahmoud Abbas, l’imam a repris les mots prononcés par ce dernier la veille et qualifié la fermeture du site non seulement de « déclaration de guerre aux Palestiniens mais également à l’ensemble des musulmans à travers le monde ». Il a lancé un appel à ces derniers et aux oulémas (les théologiens) à défendre Al-Aqsa.

Le parti Fatah du président de l’Autorité palestinienne Abbas avait appelé à une « journée de la colère ». « Israël a déclaré la guerre à Jérusalem et à Al-Aqsa », titrait à l’unisson la presse palestinienne.

Dans la bande de Gaza, des milliers de personnes ont pris part à deux rassemblements distincts à l’appel du Hamas et du Jihad islamique, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Habitants de Jérusalem, tenez bon! Nous sommes derrière vous pour mener la bataille d’Al-Aqsa », a lancé Fathi Hamad, un dirigeant du Hamas, à la foule après la prière.

Le gouvernement israélien a répété ces derniers jours n’avoir aucune intention de changer le statu quo sur le site sacré.