La plupart des adolescents n’ont pas l’occasion de côtoyer le célèbre violoniste et chef d’orchestre Itzhak Perlman, mais certains, qui ont ce que le maestro appelle « des capacités violonistes », ont pu jouir de ce privilège pendant plusieurs semaines en Israël.

Les 36 adolescents sont arrivés de l’étranger pour assister au Perlman Music Program (PMP), mis au point par l’épouse de Perlman, Toby, elle-même une violoniste accomplie.

Le PMP propose une formation musicale aux instruments à cordes pour les jeunes de 12 à 18 ans, ayant un « talent rare et spécial », selon le site Web du programme.

Le programme leur offre l’occasion de se frayer avec Perlman en personne. Il est établi à New York, en Floride, au Vermont et Israël.

« C’était mon rêve », déclare Toby Perlman, diplômée de Julliard, qui a élevé les cinq enfants du couple avant de créer le programme.

« Et une partie du projet consistait à venir en Israël assez fréquemment. C’est merveilleusement enrichissant pour les étudiants, le corps professoral et même pour moi. En tant que Juive de la diaspora, rien ne me fait plus plaisir que de venir ici ».

« Exact », répond Perlman. « Peut-être devrions-nous écrire une chanson… »
Les étudiants pouffent ; ils sont apparemment habitués à ce genre de blague avunculaire de la part du virtuose.

Une poignée d’entre eux, réunis pour répondre aux questions sur leur programme, sont clairement à l’aise avec leur professeur, inclinant facilement la tête pour regarder Perlman, assis dans son fauteuil roulant motorisé.

Et quand le violoniste – atteint de la polio à l’âge de 4 ans – traverse la salle tant bien que mal sur des béquilles pour gagner le devant de la scène, personne ne bronche.
Car avec ce professeur si particulier, il y a beaucoup à apprendre.

« Mr. P. choisit ce qu’il faut dire et ce qu’il faut taire », affirme Jacob, un lycéen de Vancouver. « Il sait ce qu’il faut laisser de côté et comment faire participer un élève à la discussion. »

Il se plaît à laisser les jeunes musiciens apprendre à remettre en question leur propre jeu, déclare Valérie, une autre violoniste de New York, qui étudie régulièrement avec Perlman.

« Il n’y a pas comme Mr. P. pour faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en vous », renchérit Phoebe, l’Australienne du groupe.

Perlman a quitté sa Tel-Aviv natale à 13 ans pour participer au Ed Sullivan Show, puis étudier à Julliard.

Il a confié au Los Angeles Jewish Journal, en 2009, que lorsqu’il vivait à Tel-Aviv, son rêve était de voyager à l’étranger. « Si vous allez à l’étranger, c’est signe que vous progressez », a-t-il exprimé.

Perlman joue dans l’Orchestre philharmonique d’Israël et le dirige toujours. Il passe plusieurs semaines par an avec le PMP en Israël, au Conservatoire de musique de
Tel Aviv.

En tant que professeur, il est très impliqué, et encourage les progrès constants et réguliers.

« Ce qui compte n’est pas tant ce que vous avez appris à 18 ans, mais ce que vous avez appris en 30 ans, puis à 40 ans ou 50 ans », explique Perlman, âgé aujourd’hui de 69 ans.

« L’important, c’est d’évoluer en tant que musicien, et de ne pas stagner. »
Enseigner aux jeunes est un bonus, ajoute Toby Perlman. « Ils sont si doués, » dit-elle. « L’astuce est de savoir quand s’éclipser. »

Ce qu’il fait, souvent. Alors que les élèves prennent leurs sièges pour une répétition, Perlman s’assoit en face d’eux, distribuant des instructions en anglais, parfois en hébreu – même si la plupart ne parlent pas la langue sainte – sur un morceau de Mozart.

« Ne soyez pas lourds », leur dit-il. « Yesh le ze ktzat, vous savez ce que cela veut dire ?  »

Tandis qu’ils soulèvent les archets de leurs violons, altos, contrebasses et violoncelles, il semble qu’ils ont compris leur maître.