Une dizaine d’adolescents longilignes, habillés d’uniformes noirs et de baskets grises, s’étaient rassemblés au centre d’un terrain de basketball de l’Institut Wingate d’Israël pour les sports. Omri Casspi, le premier joueur israélien à avoir joué en NBA, était présent pour superviser les jeunes en tant que coach du programme Basketball Sans Frontière (BSF).

Les camps de formation, organisés par la NBA et la FIBA, la Fédération internationale de basketball, ont pour objectif d’aider les jeunes joueurs et de promouvoir l’entente entre joueurs de différentes cultures et de différentes origines. Le programme israélien rapproche des joueurs juifs, palestiniens, druzes et chrétiens, ainsi que des dizaines de jeunes espoirs européens.

Signe d’appréciation du développement du basket israélien, le programme est organisé pour la première fois dans le pays.

La NBA et la FIFA ont organisé le premier camp de BSF en juillet 2001. Le programme s’est rendu dans 25 pays depuis, et a réuni 2 720 participants de 134 pays et territoires. Cinquante-et-un de ses joueurs ont atteint la NBA, dont Casspi, qui a participé au programme avant de commencer sa carrière avec les Sacramento Kings.

« Je me souviens avoir été assis là où vous êtes maintenant en 2005 », a dit Casspi aux participants pendant la session de lundi matin. « Je vous exhorte à utiliser cette opportunité pour apprendre de certains des meilleurs du domaine, de certains des meilleurs du jeu. »

D’autres entraîneurs étaient présents sur le camp de cette semaine, comme David Robinson, légende de la NBA, et les joueurs de la NBA Jerryd Bayless, Sam Dekker et Norman Powell. Ils formeront 42 garçons et 20 filles venus de 22 pays d’Europe et d’Israël (Israël appartient à la zone Europe de la FIBA).

Le programme n’a cependant pas pour seul objectif d’entrer en contact avec la NBA, a dit Adam Silver, représentant de la NBA.

« Même si ce sont des joueurs d’élite, de jeunes hommes et de jeunes femmes, je pense que nous savons tous que devenir un joueur professionnel, que ce soit à la NBA ou à la WNBA [la ligue féminine], est très difficile, a dit Silver. Je pense qu’une partie de ce qui fait la grandeur de la NBA, c’est sa capacité à rassembler les personnes, à unifier les personnes par le sport. »

Adam Silver, au centre, responsable de la NBA, avec les entraîneurs du programme Basketball Without Borders à l'Institut Wingate d'Israël, le 14 août 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

Adam Silver, au centre, responsable de la NBA, avec les entraîneurs du programme Basketball Without Borders à l’Institut Wingate d’Israël, le 14 août 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

BSF, qui a organisé dimanche une session avec des joueurs israéliens et palestiniens, s’est associé avec le YMCA International de Jérusalem pour y ouvrir un nouveau centre dédié au basket.

« Rassembler ces jeunes israéliens et palestiniens pour jouer au basket est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes ici, a dit Silver. Nous savons que le YMCA de Jérusalem va continuer à être un endroit où se rassemblent des jeunes gens de différentes origines, de différentes religions et de différentes nationalités. »

Une session organisée la semaine dernière à Tel Aviv a réuni 80 jeunes joueurs venus des communautés juive, musulmane, druze et chrétienne d’Israël.

Omri Casspi, premier joueur israélien en NBA, sur le terrain de l'Institut Wingate d'Israël, le 14 août 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

Omri Casspi, premier joueur israélien en NBA, sur le terrain de l’Institut Wingate d’Israël, le 14 août 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

« Cette semaine montre aussi la puissance du sport, que nous aimons tous, dans sa capacité à unir des personnes d’origines différentes vers un but commun, a dit Casspi. Prendre le temps de forger ces relations qui peuvent dépasser le terrain de basket et faire de vous un meilleur citoyen du monde. »

La décision d’organiser le camp en Israël était aussi une reconnaissance des progrès du basket israélien. Cet été, Israël accueillera l’EuroBasket de la FIBA, tout comme la Roumanie, la Finlande, la Turquie.

« Pour la Fédération israélienne de basketball, c’est un été très excitant », a dit Amiram Halevy, le président de la fédération.

BSF appartient au programme de la NBA pour internationaliser le sport et toucher un public plus large dans le monde entier. L’année dernière, 25 % des joueurs de la NBA étaient nés en dehors des Etats-Unis, notamment grâce aux efforts de la NBA et de la FIBA – par le programme BSF et les réseaux sociaux – qui permettent aux jeunes joueurs d’apprendre avec des vidéos en ligne, a dit Silver.

David Blatt, ancien entraîneur des Cleveland Cavaliers, pour le programme Basketball Without Borders à l'Institut Wingate d'Israël, le 14 août 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

David Blatt, ancien entraîneur des Cleveland Cavaliers, pour le programme Basketball Without Borders à l’Institut Wingate d’Israël, le 14 août 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

En plus de Casspi, Gal Mekel, deuxième joueur israélien en NBA, était aussi présent lundi, tout comme David Blatt, l’ancien entraîneur israélo-américain des Cleveland Cavaliers, et Shay Doron, ancienne joueuse de la WNBA et de l’équipe féminine nationale d’Israël.

« Pour un si petit pays, la qualité du basket est incroyable, et les fans sont très reconnaissants ici. Je pense que d’autres joueurs suivront les traces d’Omri et avanceront vers la NBA », a dit Silver.