Plusieurs centaines de juifs ultra-orthodoxes se sont rassemblés à proximité du Cénacle à Jérusalem, lieu du dernier repas du Christ, pour réclamer le maintien de la souveraineté israélienne sur ce site disputé où le pape François célébrera une messe dans deux semaines.

Les Juifs vénèrent ce site qui abriterait la tombe du roi David au rez-de-chaussé du même édifice que le Cénacle, localisé au deuxième étage, sur le mont Sion, près des remparts de la Vieille Ville. C’est aussi un sanctuaire musulman.

« Dès que l’on touchera au statu quo de ce lieu, il se produira des choses néfastes », a averti l’un des participants au rassemblement, le rabbin Avraham Goldstein en accusant le gouvernement israélien de vouloir restituer le Cénacle au Vatican.

La question délicate du Cénacle, rénové au début du 14e siècle par les franciscains qui en furent ensuite chassés, fait partie des négociations en cours entre Israël et le Saint-Siège, qui souhaite le récupérer.

C’est là où, selon la Tradition, eut lieu la Cène, le dernier repas du Christ avec ses apôtres le jour de la Pâque (jeudi saint), avant son arrestation et sa crucifixion.

Lors de sa visite au Vatican, le 30 avril dernier, le président israélien Shimon Peres avait affirmé à un quotidien italien qu’un compromis avait été trouvé sur le Cénacle, dont l’usage est revendiqué par les catholiques, et que “99 % des questions“ avaient été réglées.

Mais aucun accord n’a été officialisé depuis.

« Quand ‘les Croisés’ viendront ici faire des signes de croix et toutes sortes de rituels, alors ce lieu deviendra pour nous ‘idolâtre’ et nous n’aurons plus le droit d’y prier », a déclaré à l’AFP Yitzhak Batzon, un jeune manifestant juif ultra-orthodoxe.

Comme ses prédécesseurs, le pape François qui effectuera du 24 au 26 mai son premier pèlerinage en Terre sainte, doit célébrer, juste avant de regagner Rome, une messe au Cénacle pour les religieux de Terre sainte.

Le bref voyage du pape en Terre sainte s’annonce semé d’embûches.

Il est précédé par une vague d’actes de vandalisme antichrétiens et islamophobes commis ces dernières semaines et attribués à des juifs extrémistes.

« A ce jour, les actes de vandalisme incontrôlés empoisonnent l’atmosphère, l’atmosphère de coexistence et de coopération, tout spécialement à deux semaines de la visite du pape François », a déploré dimanche le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte.