Les pourparlers du Caire pour négocier un cessez-le-feu visant à mettre fin à l’opération Bordure protectrice ont été suspendus vendredi. Mais les représentants des groupes terroristes à Gaza indiquent que le combat est peut-être fini.

Le chef-adjoint du Jihad islamique, Ziad Nakhaleh, a déclaré au journal al-Hayat vendredi que les hostilités entre les factions palestiniennes à Gaza et Israël étaient finies.

Il a aussi affirmé qu’à ce stade, il n’y avait pas d’autres options que de trouver un accord de cessez-le-feu à long terme. Khaled al-Batsh, un autre haut responsable du groupe terroriste, a déclaré jeudi que si un accord qui traite des demandes des Palestiniens n’est pas signé, les groupes de Gaza vont considérer un cessez-le-feu à long terme pour protéger sa population civile.

Un responsable du Hamas a affirmé sur Israël Radio qu’il croyait que les combats n’allaient pas reprendre, et ce même si un accord n’était pas trouvé d’ici lundi. Un autre responsable anonyme du Hamas, qui a parlé au militant pacifiste israélien Gershon Baskin, a affirmé que le groupe islamiste veut un cessez-le-feu à long terme avec Israël. Il accepterait même une surveillance internationale pour s’assurer que la reconstruction se fasse à la surface et non dans les sous-sols de la bande de Gaza.

Les discussions devront reprendre dimanche mais les responsables du Hamas affirment que les négociations sur les demandes majeures restent [sur la table des négociations]. Les négociateurs israéliens devraient revenir [en Egypte] samedi soir. La trêve de cinq jours acceptée mercredi doit prendre fin lundi soir.

Les responsables palestiniens ont exprimé un optimisme prudent jeudi. Ils ont insinué que les négociations avec Israël, sous l’égide de l’Egypte progressaient pour mettre fin au conflit à Gaza et pour garantir de nouvelles dispositions pour le territoire meurtri par la guerre.

Mais au regard des demandes des côtés qui semblent toujours pratiquement irréconciliables, l’optimisme pourrait être prématuré et un accord n’est pas près d’être signé.

Israël et le Hamas observent une trêve de cinq jours, qui a commencé mercredi à minuit. Cette trêve a été acceptée pour permettre aux deux parties de continuer à négocier au Caire. Les négociations doivent garantir une fin permanente de la guerre qui a duré un mois et doit mettre en place une feuille de route pour le territoire côtier, qui a été durement touché par les combats.

Les responsables israéliens sont restés discrets sur les négociations. Mais les groupes de militants présent au Caire affirment qu’ils progressent vers un accord – un virage radical comparé à la position précédente.

« La guerre est derrière nous, et les probabilités [de trouver] un accord pour un cessez-le-feu durable sont encourageantes » a affirmé Nakhaleh. « Même si on n’a pas obtenu tout ce que nous voulions, il y a des progrès ici et là-bas ».

Le porte-parole du gouvernement Mark Regev a refusé de faire un commentaire sur les pourparlers du Caire jeudi.

Yitzhak Molcho (à gauche), chef du Shin Bet, Yoram Cohen (au centre) et Amos Gilad (à droite), trois des envoyés du Premier ministre aux pourparlers de cessez-le-feu au Caire (Crédit : Michal Fattal, Yossi Zamir / Flash90)

Yitzhak Molcho (à gauche), chef du Shin Bet, Yoram Cohen (au centre) et Amos Gilad (à droite), trois des envoyés du Premier ministre aux pourparlers de cessez-le-feu au Caire (Crédit : Michal Fattal, Yossi Zamir / Flash90)

Au-delà des exigences d’un port maritime et d’un aéroport, le Hamas veut aussi la fin du blocus étouffant imposé par Israël et l’Egypte en 2007, quand le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza. Le blocus a efficacement limité les mouvements d’entrée et de sortie des Palestiniens du territoire qui compte une population de 1,8 million de personnes. Il a aussi restreint la circulation des biens dans Gaza et a virtuellement empêché toutes les exportations.

Les articles de la presse arabe de vendredi suggèrent, cependant, que les factions palestiniennes de Gaza allaient geler leurs demande d’un port et d’un aéroport pour les remettre à la table des négociations à un stade ultérieur de la procédure.

Israël affirme que la fermeture est nécessaire pour empêcher la contrebande d’armes. Les responsables sont réticents à faire des concessions qui permettraient au Hamas de déclarer la victoire.

Israël, pour sa part, exige le désarmement du Hamas, ou tout du moins, que l’on empêche qu’il se réarme. Une demande qui est virtuellement non-envisageable pour le groupe terroriste.

Le Hamas a récupéré des précédents cycles de violence avec Israël, y compris de l’opération terrestre et aérienne de grande envergure de trois semaines en janvier 2009 et de l’offensive aérienne d’une semaine en 2012. Il a encore un arsenal de plusieurs milliers de roquettes, dont certaines avec de longues portées et des charges relativement lourdes.

Les deux parties étudient la proposition égyptienne qui appelle à un assouplissement de certaines mesures du blocus de Gaza et à apporter de l’assistance au territoire.

Mais la proposition délaisse les points de frictions, dont l’exigence du Hamas de la levée complète du blocus et la demande israélienne de désarmer le Hamas, qui seront discutés lors de négociations ultérieures.