Des livres juifs laissés à l’abandon en Égypte
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Des livres juifs laissés à l’abandon en Égypte

La restauration de cet héritage ancestral exigerait 12 millions de dollars, selon le ministère de la Culture égyptien

Une vue du Caire, Egypte (Crédit : CC0 1.0)
Une vue du Caire, Egypte (Crédit : CC0 1.0)

Des centaines de livres juifs datant du 17e et 18e siècle sont aujourd’hui laissés à l’abandon dans une synagogue du Caire.

Un centre dédié à leur préservation a pourtant été mis en place, rapporte le site The Cairo Post. Mais de son côté les autorités gouvernementales égyptiennes n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour restaurer et numériser les manuscrits.

« Les livres sont très importants et rares. Certains livres sont écrits à la main alors que d’autres ont été donnés par des dignitaires. Il y a certains livres qui sont si fragiles qu’ils ne peuvent être touchés de peur d’être détériorés,» a déclaré Mohamed Hosni, professeur d’hébreu à l’Université Ain Shams.

La bibliothèque de l’héritage juif en Égypte a été mise en place à l’intérieur de la synagogue Shaar Hashamayim du Caire en 1988 sous la présidence d’Hosni Moubarak.

Magda Haroun, présidente de la communauté juive d’Égypte a tenu à mettre en garde contre la détérioration de ce trésor archéologique de l’Antiquité juive.

L’Égypte comptabilise un héritage culturel juif très important malgré une communauté juive quasi-inexistante aujourd’hui. Cette incroyable bibliothèque juive n’est pas la seule du pays. Elle en comptabilise 4 autres et 19 synagogues pour une communauté qui s’élève à une vingtaine de personnes.

Magda Haroun avait déclaré en 2014 que la situation financière de la communauté juive ne permettait pas de cataloguer et de s’occuper de ces livres de la manière qu’il convenait soulignant les risques de moisissures de certains ouvrages.

Si d’une part Magda Haroun refuse de marchander ces ouvrages ancestraux à des organisations juives internationales ou israéliennes, elle a d’autre part, demandé de l’aide à la bibliothèque d’Alexandrie afin de numériser les livres.

La bibliothèque a répondu que cette requête devait émaner du ministère des Antiquités qui, lui-même, ne se considère pas responsable de l’entretien de ces ouvrages en renvoyant cette responsabilité au ministère de la Culture.

L’ancien ministre de la Culture, Gaber Asfour, a dénoncé la situation actuelle en expliquant que la documentation et la numérisation dépendait du bon vouloir des fonctionnaires du ministère. Cette déclaration a été démentie par l’actuel ministre de la Culture Helmy al-Namman.

Ce dernier souligne le cout d’un tel projet de numérisation et de restauration.

Selon Helmy al-Namman, la numérisation d’une bibliothèque standard reviendrait à 12,5 millions de dollars et la restauration d’une unique page pourrait prendre une journée entière.

Concernant les pressions reçues par la présidente de la communauté juive d’Égypte de la part des organisations juives mondiales, le ministre de la Culture a déclaré que « les livres sont égyptiens et qu’aucun pays n’a le droit de les revendiquer ».

Il a aussi refusé l’idée qu’Israël offre de l’argent pour permettre la restauration de cet héritage.

En attendant ce trésor reste silencieux et risque de dépérir si les autorités ne se chargent pas de cette restauration au plus vite.

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